Depuis le début de la crise sanitaire, travailler à son bureau n’est plus de rigueur. Les espaces de coworking, qui proposent des bureaux partagés, souffrent forcément de cette situation. À Narbonne, la société WAW réussit néanmoins à sauver les meubles…  

En plein essor avant le début de la pandémie du Covid 19, le coworking a pris du plomb dans l’aile avec l’explosion du télétravail, conséquence des confinements répétés liés à la crise sanitaire. Selon une étude de l’association France Tiers Lieux, 80 % des tiers lieux, dont font partie les espaces de coworking, sont menacés d’une fermeture à long ou moyen terme. Parmi ces 80 %, 20 % se disent même en danger immédiat de fermeture. 

À Narbonne, deux structures très différentes se partagent le marché : IN’ESS et WAW. D’un côté, WAW, entreprise privée. De l’autre, IN’ESS, organisme public, géré par la communauté d’agglomération du Grand Narbonne, qui a pour but d’accompagner les personnes dans leurs projets professionnels, et propose également des espaces de coworking. 

Pour WAW, la situation n’est pas catastrophique. “C’est un peu compliqué, mais j’ai heureusement des sociétés qui ont leurs bureaux installés chez moi avec des contrats d’assez long terme ; ça me permet d’avoir des rentrées d’argent régulières et de tenir. Si je n’avais fait que du coworking nomade, j’aurais été très mal”, confie Valérie Cazenave, directrice de l’espace WAW. Elle explique également que ses locaux sont environ trois fois moins fréquentés qu’en temps normal. 

Mais si Valérie a pu sauver les meubles en 2020, elle n’est pas optimiste quant à 2021. “Au début, on s’est tous dit que cette situation serait passagère. Mais maintenant, on se rend compte qu’on va devoir vivre avec ce virus pendant pas mal de temps, donc ça ralentit beaucoup la logique de développement de projets. Je pense qu’on paiera en 2021 ce que l’on n’a payé en 2020.” Ainsi, elle craint que les sociétés basées chez WAW ne renouvellent pas leur contrat, et que de nouvelles peinent à s’installer de manière pérenne. 

Le télétravail “a ses limites”

Quant au télétravail, de plus en plus pratiqué depuis le début de la pandémie, “il a ses limites” considère Valérie Cazenave. “C’était une bonne alternative au début, mais pas sur le long terme. Le télétravail isole énormément, le coworking est justement une bonne alternative à cela. On travaille, on peut aller retrouver quelqu’un à la machine à café à tout moment ; le coworking permet de retrouver cette chaleur et cette interaction humaine.”

Valérie Cazenave regrette que cette crise sanitaire soit intervenue à un moment où le coworking prenait de plus en plus d’importance. “Je faisais +30 % chaque année, c’est clair qu’en 2020 ce ne sera pas le cas. Mais il faut que tous les espaces de coworking tiennent le coup, quand toute cette période sera terminée, le secteur connaîtra son explosion !”

Source sur l’indépendant

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