Les mises en chantier ont baissé de 32 % sur une année, au 31 août dernier. Le planning des entreprises est chamboulé. 

Comme tous les secteurs, la filière du bâtiment essuie la crise économique consécutive à l’épidémie de coronavirus. Dans l’Aude, les chiffres fournis par la Fédération du bâtiment et des travaux publics (FBTP), en date du 31 août dernier, ne sont guère réjouissants. Sur une année glissante, les mises en chantier ont chuté de 32 % (1 358 au total) en raison de la période de confinement. La consommation de béton a, elle, diminué de 7 %. Plus inquiétant pour les prochains mois, les autorisations de construction (permis de construire) accusent un recul de 18 %. Si le confinement a contraint certains demandeurs à repousser leur dépôt de dossiers ou si l’instruction de ces demandes a été reportée pour les mêmes raisons, Stéphane Sansinena, secrétaire général de la FBTP  11, relève que les services d’urbanisme des mairies ou intercommunalités “ne sont guère débordés de demandes depuis”. 

Conséquence de cette situation, le nombre d’intérimaires dans le bâtiment dans le département de l’Aude accuse une baisse de 60 % (279 au total). Le nombre de demandeurs d’emploi dans cette filière a augmenté de 20 % (environ 2 000). Mais les effectifs de salariés progressent, quant à eux, très légèrement avec +4,4 % (6 279 au total).  Une tendance qui peut surprendre alors que tous les signaux sont au rouge mais qui est à prendre avec des pincettes. “Il peut s’agir de postes d’intérimaires transformés avant le Covid en CDD ou CDI en tout début d’année alors que nous avions de bonnes perspectives“, nuance Stéphane Sansinena. 

“Un sentiment de désorganisation”

Dans les entreprises de ce secteur, le secrétaire général de la FBTP de l’Aude relève une ambiance particulière : “Elles ne savent pas où donner de la tête car il leur faut finir dans les temps ce qui était prévu pendant le confinement et assurer ce qui était initialement prévu après. Il y a un sentiment de désorganisation. Mais c’est un trompe-l’œil car ces entreprises ne vivent qu’avec les affaires signées avant la Covid. Elles ont le sentiment d’être débordées mais dans quelques mois, elles pourraient n’avoir rien à faire”.

Stéphane Sansinena craint ainsi un trou d’air pour 2021 au niveau de l’activité. “La situation risque de devenir périlleuse alors que les sociétés devront payer les reports de charges et commencer à rembourser les prêts garantis par l’Etat“, rajoute-t-il. Sur le plan de relance, le secrétaire général note que certaines mesures “vont dans le bon sens”, comme le soutien à la rénovation et à l’amélioration énergétique. “Mais la mauvaise nouvelle, c’est que ce plan ne concerne que la rénovation qui représente la moitié de notre activité. Pour le neuf, il n’y a rien”. 

Des recrutements vers un public éloigné de l’emploi

Le dispositf était prévu avant la crise sanitaire. Il a été maintenu en raison de la grande difficulté pour les entreprises du bâtiment à recruter. Plusieurs d’entre elles, sous l’égide de la FBTP11, ont décidé de s’associer dans le cadre d’une action de recrutement innovante : la Préparation opérationnelle à l’emploi collectif (POEC FIVE).

Jusqu’à la mi-décembre, les stagiaires vont profiter d’une formation en vue d’acquérir les compétences requises pour les postes visés. Dans l’Aude, la Fédération du bâtiment avec ses partenaires (FACE, Constructys…) a choisi de viser un public particulièrement éloigné de l’emploi, originaire de l’étranger et maîtrisant parfois mal le français.

La formation prévoit, entre autres, l’apprentissage “du français fonctionnel pour se débrouiller dans la vie de tous les jours et au travail”, explique-t-on. Sur les 31 personnes reçues, quinze ont été sélectionnées pour leur aptitude alors que douze places sont disponibles.  “On a dû mal à recruter alors on essaye toutes les pistes“, explique le gérant d’une entreprise de bâtiment de Lézignan, pour sa participation à cette opération première du genre dans l’Aude. “Il suffit de trouver une personne motivée et on saura lui apprendre le métier”, assure lui un confrère du Minervois. Le dirigeant d’une entreprise de constuction métallique est quant à lui agréablement surpris : si au départ, aucun candidat n’était intéressé, une visite organisée sur son site de travail a permis de motiver… six stagiaires ! 

Source sur l’indépendant

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