Les produits manufacturés ne sont pas encore autorisés pour raison sanitaire sur les marchés de plein vent. C’est notamment le cas à Narbonne où la Ville appelle à la patience, mais 180 commerçants se retrouvent en grosse difficulté.

“Nous sommes parmi les grands exclus de ce déconfinement.” Labib-Georges Ghaly n’est ni désabusé, ni en colère : le président du Syndicat des marchés de l’Aude se montre surtout très inquiet. Car si les marchés de plein vent sont bien de retour depuis la semaine dernière, ils n’en demeurent pas moins “incomplets” pour nombre d’entre eux.
Tous les produits manufacturés (vêtements, chaussures, maroquinerie, bijoux ou autre) sont en effet encore interdits sur de nombreux sites, dont à Narbonne, parce que jugés incompatibles avec le respect des gestes barrière et de la distanciation sociale. Mais pour les professionnels concernés, la situation devient exsangue.

Carcassonne, Lézignan, Espéraza…

Labib-Georges Ghaly tire la sonnette d’alarme auprès des maires de Carcassonne, Lézignan, Espéraza et donc Narbonne, où chaque jeudi 180 étaliers sont toujours “à l’arrêt”. “Or depuis le 11 mai, ils ne perçoivent plus les aides de l’Etat qui leur permettaient jusque-là à survivre, ajoute le responsable. Des familles entières se retrouvent dans une précarité sans précédent. On va attendre comme ça jusqu’à quand ?”

“Pas longtemps”, espère Eric Parra. L’adjoint narbonnais en charge notamment du commerce et des marchés de plein air prend la pleine mesure de “la détresse”, et n’oublie pas que “derrière, il y a des familles”. Mais l’élu rappelle également que “la prudence doit rester de mise jusqu’à ce que la situation sanitaire évolue”. Selon lui, certains articles se concilient en effet très difficilement avec les réglementations en vigueur.

“Dans l’hypothèse de vêtements comme des chemises vendues emballées, sous plastique, le souci est moindre. Mais beaucoup d’autres produits impliquent d’être essayés ou examinés par le client, et ça s’est problématique. C’est la même chose pour les bars et les restaurants : tout le monde voudrait qu’ils rouvrent ! N’oublions pas cependant qu’en cas de cluster, la responsabilité du maire est engagée.” Labib-Georges Ghaly concède lui-même que s’adapter aux normes sanitaires s’avère selon les cas “très difficile”, ajoutant cependant que “les étaliers sont prêts à le faire”. Mais il dénonce aussi une différence de traitement entre les petits commerçants non sédentaires… et les grandes surfaces.

“Nous ne sommes pas opposés aux mesures sanitaires. Mais dans ce cas, pourquoi ne les applique-t-on pas également aux super et les hypermarchés ? Dans ces complexes, tous les articles sont disponibles et les clients font ce qu’ils veulent ! C’est aberrant ! Pourquoi taper toujours sur les plus modestes ?” Regrettant que “l’Etat, les maires et le préfet passent leur temps à se renvoyer la balle”, Labib-Georges Ghaly, comme tous ses pairs, n’attend au fond qu’une chose : revenir à la rencontre de sa clientèle. Et éviter à son affaire de succomber indirectement au coronavirus.

Déménagement problématique ?

Si l’interdiction des produits manufacturés concerne encore nombre de marchés audois, Labib-Georges Ghaly pointe également un souci purement narbonnais : le déménagement du marché du plan Saint-Paul. “Nous comprenons tout à fait que l’hôpital ait encore besoin du parking, insiste-t-il. En revanche, positionner les étaliers de Saint-Paul sur le cours Mirabeau impose aux commerçants qui s’installaient traditionnellement à cet endroit de bouger à leur tour sur le quai Vallière, ce qui entraîne une désorganisation sans précédent”. Selon le président du Syndicat des marchés de l’Aude, une autre solution existe : “Déplacer l’intégralité du marché du plan Saint-Paul sur le quai Vallière. Ça ne dérangerait pas les marchands de fruits et légumes car où qu’ils soient, les clients viennent les chercher !”

Pour Eric Parra, cette alternative se heurte toutefois à un obstacle technique : “Il s’agit de réunir l’ensemble des étals alimentaires sur une même zone, or l’alimentation électrique nécessaire à certains commerçants, les rôtisseurs notamment, n’est pas possible sur le quai”. L’élu précise par ailleurs avoir “beaucoup travaillé avec les soldeurs”, qui exprimeraient une préférence pour le quai Vallière “car ils peuvent s’installer sur place avec leurs camions”

Source sur l’indépendant

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