La préfète de l’Aude Sophie Elizéon fait le point sur la situation dans le département, où tous les indicateurs, du taux d’incidence aux hospitalisations, sont à la hausse. En rappelant de nouveau les obligations sanitaires en cours et la possibilité de “mesures plus restrictives” à laquelle elle pourrait recourir une fois le territoire classé en zone de vulnérabilité élevée.

Depuis la fin du mois d’août, le taux d’incidence (nombre de cas positifs après tests PCR sur sept jours pour 100 000 habitants) suit une courbe exponentielle (*). Est-il inéluctable que le taux dépasse le seuil d’alerte, fixé à 50 ?

Plus qu’inéluctable, je dirai que ça paraît logique que l’on dépasse sous peu le cap des 50 et que l’Aude soit considérée comme une zone de circulation active du virus : nous sommes ce mercredi 9 septembre à un taux de 46,6 cas pour 100 000 habitants. D’autres indicateurs reflètent cette augmentation, comme le taux de positivité (pourcentage de tests positifs, Ndlr). La hausse est moins flagrante que pour le taux d’incidence, mais ce taux est de 2,9 % en ce début de mois de septembre quand il était de 2 % fin août. La seule semaine dernière, 140 cas positifs supplémentaires ont été comptabilisés. Nous sommes déjà passés du statut de département à vulnérabilité faible à vulnérabilité modérée ; le dépassement d’un taux d’incidence de 50 nous vaudrait de passer en vulnérabilité élevée.

Le nombre de personnes hospitalisées semble lui en revanche ne pas suivre une évolution aussi nette.

On n’est pas sur des progressions aussi flagrantes, même si entre fin août et ce début septembre, nous sommes passés de 4 à 8 patients. Mais je tire à nouveau mon chapeau pour la gestion de la première vague, car il y avait eu une remarquable prise en charge et organisation. Avec les deux premiers clusters qui avaient touché l’Aude, la situation était assez grave : mais elle avait été assez vite maîtrisée. Aujourd’hui, les structures hospitalières ont évidemment toute ma confiance pour leur capacité d’organisation. Cette progression moins rapide des hospitalisations qu’au printemps laisse d’ailleurs le temps de se préparer.

Ce changement de statut du département entraînerait-il des modifications en matière de règles sanitaires ?

Il faut d’abord rappeler qu’un certain nombre d’obligations sont déjà en vigueur, avec le port du masque obligatoire sur les marchés, dans le secteur de la restauration, dans les supermarchés : des contrôles ont montré que certains professionnels ont encore du mal à appliquer ces consignes. Les contrôles ont aussi permis de constater ces défauts de respect de l’arrêté qui a rendu obligatoire le port du masque sur la voie publique lors des rassemblements de plus de 10 personnes : je veux rappeler à celles et ceux qui sont encore réfractaires qu’ils sont certes responsables de leur santé, mais aussi de celle des autres. Et je précise que cette obligation s’applique aussi autour des établissements scolaires, où aux heures de sortie les rassemblements de plus de 10 personnes sont fréquents.

Les contrôles n’ont pas révélé de nombreux manquements, pas nécessairement : mais j’ai envie de dire qu’il s’agit toujours des mêmes. On est plus sur de l’inconscience. Le passage en zone de circulation active me permettra, le cas échéant, de prendre des mesures plus restrictives. Avec par exemple le port du masque obligatoire dans certaines villes, en fonction des indicateurs ou encore les fermetures de certains établissements où, passé une certaine heure, le respect du port du masque est moins suivi.

Quelle est la situation en milieu scolaire, avec des premiers cas, parmi les élèves et les enseignants, déjà apparus la semaine passée pour la rentrée ?

Pour l’heure, dans le 1er degré, quatre classes sont concernées par des cas de Covid (*) : mais il ne s’agit pas de fermetures administratives à proprement parler. Nous sommes sur des situations où un enfant ou un enseignant a été testé positif, ce qui a nécessité que d’autres enfants ou adultes, considérés comme cas contacts, fassent l’objet des mesures d’isolement. Pour arriver à des fermetures administratives, il faut plus de trois cas, mais la question du nombre de cas contacts sera aussi prise en compte.

Taux d’incidence : “On progresse de trois points par jour”

Délégué départemental de l’agence régionale de santé (ARS) dans l’Aude, Xavier Crisnaire est sur la même longueur d’onde que la préfète Sophie Elizéon : “Si ce n’est pas cette nuit, c’est demain (ce jeudi 10 septembre, Ndlr) qu’on dépassera le seuil de 50 pour le taux d’incidence. Depuis fin août, on progresse de trois points par jour.” Une certitude affichée en constatant également “une hospitalisation stable, avec beaucoup de monde détecté, mais peu de cas graves”. Un motif de satisfaction, tout en rappelant que “le Centre 15 est de plus en plus mobilisé sur les cas Covid. Ce qui peut laisser penser que les hospitalisations vont à un moment inévitablement progresser”. Et de conclure le point de situation en évoquant le nombre croissant de “jeunes détectés. Il faut qu’ils comprennent qu’ils peuvent le donner à des proches. Et donc qu’ils respectent ces gestes barrière. En zone rouge, la préfète pourra prendre des mesures plus restrictives : mais les gestes barrière, on peut et on doit déjà les respecter”.

(*) Au terme de la première semaine de rentrée scolaire, des cas positifs d’élèves ou enseignants avaient été détectés dans les écoles maternelle de Cruscades, élémentaire Jules-Ferry à Carcassonne, primaire de La Palme et au lycée Sabatier de Carcassonne. Ce mercredi 9 septembre, un cas positif d’élève est confirmé à l’école maternelle de Montolieu, avec des cas contacts en école élémentaire, et parmi le personnel enseignant et en charge de la cantine ; un élève a également été testé positif au collège Jules-Ferry de Narbonne, avec des cas contacts.

Source sur l’indépendant

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici