Après les médecins, les personnels de santé de plus de 50 ans, les pompiers, les résidents des Ehpad, la vaccination va être ouverte aux personnes de plus de 75 ans et celles souffrant de comorbidités. Le dispositif devrait être opérationnel en cette fin de semaine. Tour d’horizon avec les services de l’Etat. 
 

La situation de la Covid-19 commence, comme c’est le cas dans de nombreuses régions de France, à se tendre dans l’Aude. Et de façon significative. Ce mercredi matin, lors d’une conférence de presse destinée à faire le point sur l’élargissement de la vaccination à toutes les personnes de plus de 75 ans et à celle souffrant de comorbidités, la préfète, Sophie Elizéon, tirait, une nouvelle fois le signal d’alarme : “Le taux d’incidence est aujourd’hui de 180 pour 100 000 habitants, ce qui nous rapproche un peu plus du seuil d’alerte de 200.” Un chiffre retenu dans de nombreux départements pour abaisser, notamment, l’horaire du couvre-feu de 20 h à 18h. “Il est nécessaire de rappeler qu’il y a 48h, nous étions à 150 et, il y a un mois, à 50”, soulignait, de son côté Xavier Crisnaire, délégué départemental de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie.

Dans dix jours, c’est l’ensemble du département qui sera sous tension si on n’agit pas

Avec un taux de positivité de 5,7 %, le virus circule actuellement beaucoup sur le Narbonnais et le Lauragais, à cause de sa proximité avec Toulouse : “Une coordination public-privé a été nécessaire ce week-end pour fluidifier l’accueil des patients et éviter au maximum les déprogrammations d’opérations. Dans dix jours, c’est l’ensemble du département qui sera sous tension si on n’agit pas”, insistait encore Xavier Crisnaire. 

Si le respect des gestes barrières, du port du masque, de la distanciation sociale reste, bien évidemment, plus que jamais d’actualité, les professionnels de santé et les services de l’Etat misent sur la vaccination. À l’heure actuelle, sur l’Aude, depuis le 6 janvier dernier, date de l’arrivée de la première livraison de vaccins, 1 112 vaccinations ont été réalisées (un chiffre en en permanente évolution, bien entendu). Il s’agit des professionnels de santé, des pompiers de plus de 50 ans et des résidents en Ehpad dont la grande majorité sera vaccinée au 31 janvier prochain.

Aller vers les publics qui ne peuvent pas se déplacer

Désormais, un deuxième palier va donc être franchi : “Six centres de vaccinations sont désormais opérationnels, précisent Sophie Elizéon et Xavier Crisnaire : à Carcassonne (hôpital, maison médicale de garde, Service départemental d’incendie et de secours pour les pompiers), Narbonne (hôpital), Castelnaudary (hôpital) et Lézignan (maison médicale de garde). Un septième va ouvrir à Limoux en début de semaine prochaine.” Avec, au bout, un enjeu : “Nous devons aller vers les publics qui ne peuvent pas se déplacer”, insistait Sophie Elizéon, consciente d’une nécessaire mobilisation des acteurs de la santé, notamment de la médecine libérale, dans un département à forte dimension rurale. 

Internet ou téléphone

Plus concrètement, deux modalités seront proposées pour procéder à l’inscription en vue d’une vaccination : soit par internet, via une plateforme commune (doctolib.fr en l’occurrence), soit par appel téléphonique à un numéro unique (qui n’a pas été communiqué). Un rendez-vous sera fixé vers les centres les plus proches du domicile des personnes concernées. Dès lundi, les centres de vaccination seront sur le pied de grue. “La partie logistique est très importante, tenait à préciser le colonel Benedittini, à la tête du Service départemental d’incendie et de secours qui dispose d’une ligne de vaccination. Malgré la proximité avec l’hôpital, c’est quelque chose d’assez lourd à gérer : la prise de rendez-vous doit être assez proche de la sortie des vaccins.” Des vaccins qui, rappelons-le, sont maintenus à moins 80 degrés et qui ne se conservent que cinq jours, entre 2 et 8° après leur sortie des hôpitaux dits “pivots”.

Heureusement que d’autres vaccins vont arriver

“Heureusement que d’autres vaccins vont arriver avec des conditions plus souples, confiait le docteur Bernard Balza, responsable du pôle médico-technique à l’hôpital de Carcassonne. La couverture du besoin national sera obtenue par l’association des différents vaccins. Les circuits seront différents et il y aura donc des contraintes. Il faut tout faire pour réussir : c’est à nous de nous organiser.” Car le médecin le sait : “Pour arriver à l’immunité collective à l’automne prochain, il faudrait vacciner la moitié de la population du département, soit environ 3000 personnes par jour (avec l’administration de deux injections). Il faut qu’on arrive à se mobiliser. Je ne crois pas que c’est le manque de vaccins qui nous bloquera : à nous de nous rapprocher le plus possible de ce chiffre-là. Si, dès aujourd’hui, on ne se met pas dans cette dynamique pour tenir ce marathon, à Noël prochain on y sera encore.” D’où la nécessité de convaincre le maximum d’Audois. 

Les interventions de la CPAM

Pour cette campagne de vaccination, la Caisse primaire d’Assurance-maladie (CPAM) intervient sur deux points. Tout d’abord, elle a ouvert un nouveau téléservice, “Vaccin Covid”, depuis 4 janvier. Il permet à tous les professionnels de santé de tracer toutes les informations relatives au patient aux différentes étapes du processus : la pré-consultation, obligatoire pour vérifier que la personne n’a pas de contre-indication, le recueil de son consentement qui est également nécessaire, la vaccination proprement dite avec l’identification du vaccin, son numéto de lot, et la mention d’éventuels effets secondaires. “On est là pour accompagner, comme on l’a fait avec les Ehpad, les centres hospitaliers, les futurs centres de vaccination pour que cette prise en main soit la plus simple possible”, assure Antoine Bourdon, directeur de la CPAM 11.

PAr ailleurs, la CPAM finance également l’activité médicale et paramédicale de cette campagne. Elle s’appuiera, enfin, sur l’information des assurés par courrier, notamment pour les populations les plus âgées et à risque, comme elle le fait pour la vaccination grippale chaque année. 

Source sur l’indépendant

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