Le centre de vaccination de l’hôpital de Carcassonne a vu passer, depuis son ouverture jeudi dernier, environ 200 professionnels de santé. Tous convaincus des bienfaits du vaccin et décidés à le faire savoir.

“J’enrage contre ces discours inutiles. Quand la variante brésilienne du virus, qui passe par le Japon, sera arrivée, et qu’on ne saura plus où mettre les malades au centre hospitalier de Carcassonne, il sera trop tard. Le virus mute. Il faut vacciner tout le monde, et très vite”. Pierre Dugrand, cardiologue à l’hôpital de Carcassonne, est vacciné depuis jeudi dernier. Il a été parmi les premiers à se rendre au centre de vaccination ouvert, pour l’instant, au personnel soignant de plus de 50 ans ou présentant des facteurs de comorbidité. “Nous avons vacciné environ 200 personnes depuis l’ouverture”, détaille le Dr Sonia Lazarovici, présidente de la commission médicale d’établissement. Et le directeur du centre hospitalier, Alain Guinamant, d’ajouter que “parmi les 130 vaccinations du week-end, nous avons eu des soignants qui venaient de Port-La Nouvelle ou du Plateau de Sault”.

Le cardiologue Pierre Dugrand, ardent défenseur de la vaccination.
Le cardiologue Pierre Dugrand, ardent défenseur de la vaccination. Independant – BOYER Claude

Recommandée mais pas obligatoire

Des chiffres encourageants, mais une réelle volonté de promouvoir ce geste est évidente. La vaccination des soignants ne coule-t-elle pas de source ? La réponse est “si”, pour ceux que l’on rencontre au centre de vaccination, par définition favorables. Car comme le résume Sonia Lazarovici, “elle est gratuite et recommandée, mais pas obligatoire”. Pour l’instant, c’est donc une petite partie des 700 à 800 personnes concernées par le critère de priorité qui s’est présentée à l’hôpital de Carcassonne. La semaine sera décisive, selon qu’elle témoigne d’une augmentation des vaccinés ou que le volontariat se tasse.

Alain Guinamant, directeur, Bernard Balza, reponsable de la pharmacie, et Xavier Martin, référent Covid de l'hôpital de Carcassonne.
Alain Guinamant, directeur, Bernard Balza, reponsable de la pharmacie, et Xavier Martin, référent Covid de l’hôpital de Carcassonne. Independant – BOYER Claude

L’allergie à la connerie n’est pas une contre-indication au moins ?

“L’allergie à la connerie n’est pas une contre-indication au moins ?”, lance, un brin provoc’, le Dr Alain Dufranc, avant d’entrer en salle de consultation prévaccinale. “J’espère qu’on sera suffisamment nombreux pour enrayer la maladie. Moi, je suis pour le libre arbitre de chacun. Tu es libre de te faire vacciner ou pas, c’est ta liberté et ta responsabilité. Et si, demain, tu es dans un cas grave de Covid, il ne faudra pas te plaindre”, martèle le médecin avec son franc-parler habituel.

Alain Dufranc, fraîchement vacciné. "Je suis pour le libre arbitre. Chacun prend ses responsabilités".
Alain Dufranc, fraîchement vacciné. “Je suis pour le libre arbitre. Chacun prend ses responsabilités”. Independant – BOYER Claude

Aujourd’hui, ce n’est plus le destin qui décide si on est malade ou pas du Covid. C’est une décision, celle de se faire vacciner”, appuie le Dr Bernard Balza, le responsable de la pharmacie de l’hôpital. Pour lui, les soignants qui ne veulent pas se faire vacciner “c’est qu’ils n’ont plus confiance en la science, et ça me pose problème”. Et de clore le débat avec humour : “Il ne nous a pas poussé des oreilles de lapin, et je ne reçois pas la 5G directement dans le crâne”, s’amuse-t-il, non sans avoir fustigé “ceux qui vont être à l’origine de drames, et qui sont irresponsables”.

La consultation prévaccinale prend 5 à 6 minutes en moyenne.
La consultation prévaccinale prend 5 à 6 minutes en moyenne. Independant – BOYER Claude

Montée en puissance

A l’hôpital de Carcassonne, on travaille en ce début de semaine à l’ouverture d’autres centres de vaccination sur l’Ouest audois. Car dès lundi prochain, avec l’ouverture à toutes les personnes de plus de 75 ans, c’est un potentiel de 17 000 personnes qu’il faudra vacciner. “Et il faudra monter en puissance”, calcule le directeur de l’hôpital. Au fur et à mesure de l’élargissement des critères …

Après avoir été vaccinés, les personnels passent un quart d'heure en salle de repos afin de réagir à toute alerte allergique.
Après avoir été vaccinés, les personnels passent un quart d’heure en salle de repos afin de réagir à toute alerte allergique. Independant – BOYER Claude

Une logistique qui a ses limites

La nécessité de conserver les doses de vaccin Pfizer à moins 80° oblige actuellement à une gestion très serrée de la prise de rendez-vous vaccinaux. En effet, à partir du moment où les doses sont mises à décongeler hors du “super-congélateur” acquis exprès par le CH de Carcassonne (et livré le 24 décembre), le vaccin ne peut se conserver que 5 jours dans un frigo “normal”. D’où la nécessité de “faire coïncider cette organisation logistique avec la prise de rendez-vous”, indiquent de concert le responsable de la pharmacie et le directeur de l’hôpital de Carcassonne, Bernard Balza et Alain Guinamant.

Un système de prise de rendez-vous en ligne est actuellement à l’étude au plan national, et la mise en place d’un numéro d’appel unique, renvoyant sur une structure locale (à l’image du 15 ou du 17) serait également envisagée. Avec la nécessité d’augmenter de manière conséquente le potentiel de standardistes afin de ne pas laisser d’appels sans réponse. Histoire de ne pas décourager ceux dont la convition de la nécessité de se faire vacciner n’est pas bien établie.

Source sur l’indépendant

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