Steve Mangin, patron de Léa logistique mais aussi président du cluster régional qui regroupe toutes les professions de la filière, a dû reprendre momentanément le volant. 

Quelle est la situation dans le monde du transport?

Il y a encore une semaine, les chauffeurs n’étaient pas forcément très bien accueillis au moment où ils effectuaient leurs livraisons chez certains clients, par crainte de transmission du virus. Depuis une petite semaine, la fédération des transporteurs a fédéré ses moyens pour mettre, notamment les sanitaires, à disposition des chauffeurs. Des initiatives qui leur permettent de faire leur travail avec un peu plus de facilité. 

Cela reste tout de même compliqué?

La crainte est partout, mais les chauffeurs continuent de travailler. Traditionnellement nos professions sont toujours dans l’ombre, aujourd’hui  nous sommes un plus dans la lumière. On se rend compte que cette branche est essentielle au bon fonctionnement de l’économie.  Mais sans masques, sans gants, avec ces difficultés nombreuses de conditions de travail, on peut comprendre les tensions dans l’activité. Heureusement les droits de retraits dans le secteur ne sont pas à l’ordre du jour. La profession, est faite de gens responsables, passionnés, qui connaissent l’utilité de leurs missions. Il n’y aura pas de rupture alimentaire, la branche transport et logistique fait tout ce qu’il faut pour qu’il n’y en ait pas.

Au point de vue économique?

C’est une certitude, l’équilibre entre les flux montants et descendants est rompu, puisqu’il n’y a qu’une catégorie qui fonctionne, l’alimentaire, et non l’industrie qui assurait le fret pour les retours des camions. L’augmentation des coûts de transport est inévitable. Cela a déjà été communiqué aux différents partenaires comme les grossistes et la grande distribution qui fait des efforts dans ce sens. (La plupart de grandes enseignes ont consenti une valorisation  du prix du transport de 25% NDLR).  Certaines enseignes règlent les factures quasiment au comptant pour éviter les problèmes de trésorerie de leurs fournisseurs. Beaucoup jouent le jeu, c’est là qu’on voit la solidarité nationale. Mais si aujourd’hui ce sentiment semble partagé par beaucoup, il faudra que cela perdure dans le temps. Ce devra être une ligne de conduite pour les prochaines années. Toute l’économie devra se souvenir de cette période difficile, et que la logistique en est un maillon vital avec ses capacités de stockage et de transport.

Source sur l’indépendant

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