Quinze jours après, L’Indépendant est revenu à la rencontre des commerces d’habillement dont la reprise avait été mitigée dans les premières semaines suivant le déconfinement. La fréquentation diminue à nouveau après un pic début juin. 

Il faut toujours rester positif, quand on a un commerce“, confie Lila, dont la boutique de prêt-à-porter féminin se situe dans la rue de l’Ancien-Courrier. Bien qu’elle demeure “contente” de la réouverture de son magasin : “Ce n’est pas parce qu’on a peu de ventes une journée que le mois est catastrophique“, soulignant que le mois de juin “est une période d’entre deux, on flotte“. Pour elle, la consommation a changé : “Je crois que les clientes ne viennent pas forcément en raison du temps ou de la saison, mais que l’on vient dans un magasin en fonction de son humeur”. Toutefois, le fait de retrouver ses clientes, et notamment les premiers touristes suisses, l’a rassurée : “Nous avons tissé des liens, et si on peut trouver un point positif au confinement, je dirai que les clientes achètent moins sur internet“. 

L’attente des touristes 

La situation économique des commerces n’est pas au beau fixe, comme en témoignent les pancartes de cessation d’activité ou de “locaux à louer” qui fleurissent dans tout le centre-ville de Narbonne. Si Lila remplit les dossiers afin de percevoir les aides financières allouées par l’Etat, “c’est délicat, il faut toujours remplir diverses conditions, et il manque toujours un papier“, exprime-t-elle avec un zeste d’humour. Alors, les gérants de commerces attendent avec impatience le retour du tourisme. 

Si la réouverture des bars et des restaurants a ravivé la fréquentation du centre-ville, le constat est le même chez Daily Shoes, dans la rue de l’Ancien-Courrier : “Depuis la première semaine de juin, les ventes ont diminué, peut-être en raison de la baisse du pouvoir d’achat des Français, peut-être parce qu’ils attendent les soldes”. Toujours est-il que l’impatience gagne les commerçants quant à la réouverture des frontières et le début des vacances scolaires : “On attend les touristes de la région, de la France, et aussi éventuellement les étrangers ! On les veut !” , s’enthousiasme Véronique Francisci.

Les gestes barrières subsistent

Chez Lila, les clientes continuent de respecter les gestes barrières et le port du masque obligatoire au sein de sa boutique : “Je dispose toujours de masques afin de les donner aux clientes qui n’en auraient pas, mais je vois que c’est devenu une habitude pour elles“. En effet, les femmes sortent systématiquement le masque de leur sac en entrant dans la boutique : “On s’est accoutumés aux gestes barrières et aux règles de distanciation sociale, c’est devenu un réflexe, et ça ne change rien“. Quant à la prise en charge des tenues essayées pendant plusieurs heures dans les cabines d’essayages afin de les désinfecter, “ce n’est plus contraignant comme au début, je continue de le faire, c’est devenu un automatisme“. 

Pour Véronique Francisci chez Daily Shoes, les choses n’ont pas changé : “Je ne mets toujours pas la climatisation” et le port du masque demeure obligatoire. La commerçante accepte toutefois d’assouplir quelque peu les règles et si une seule personne rentre dans sa boutique sans masque, elle se montre tolérante afin de ne pas avoir à lui demander de sortir. Néanmoins, à l’évocation du gel hydroalcoolique, elle considère qu’il s’agit d’une “bonne chose”

Du côté de la rue du Pont-des-Marchands, Okaïdi voit “un relâchement de la part des clients” : ils comprennent de moins en moins les demandes liées à la situation sanitaire. “On doit faire de plus en plus la police, réclamer aux clients de porter le masque, veiller à ce qu’ils ne soient pas plus de cinq dans la boutique…” L’enseigne n’a pour l’instant pas obtenu d’information sur un éventuel assouplissement des mesures, et estime que cela ne la “pénalise pas vraiment“. 

Source sur l’indépendant

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