Exemplaire. Sans aucun doute, la transformation de l’hôpital de Perpignan en site Covid-19 dédié est un exemple d’adaptation et de réponse à la crise sanitaire. Du déclenchement du plan blanc début mars à la forte chute des hospitalisations désormais – 33 hier, dont 15 en réanimation  – la structure et ses quelque 3 000 salariés ont toujours gardé un coup d’avance face au séisme. En collaboration avec les cliniques privées et la médecine de ville. Décryptage.

10 mars. Le Covid-19 n’est plus uniquement une lointaine menace asiatique. Après l’Italie, après l’est de la France, Perpignan est frappé de plein fouet. Un cluster prend forme dans la communauté gitane. Les rumeurs les plus folles circulent : la réanimation est asphyxiée, des ambulances débutent une noria vers Montpellier pour exfiltrer des malades… Chef du service maladies infectieuses et tropicales (SMIT), Hugues Aumaître dément. « Oui, la vague arrive, non l’hôpital n’est pas submergé », réplique-t-il à L’Indépendant. « Nous avons un temps d’avance sur l’épidémie et nous faisons tout pour le conserver ». Six semaines après, le défi est relevé. L’hôpital n’a jamais craqué et il prépare, vigilant, son retour à une configuration plus normale. Parce qu’il a tout changé, bouleversé, redessiné pour faire face au tsunami Covid-19. Au plus fort de la tempête, 135 patients Covid-19 sont pris en charge. Jour après jour, la majorité des services se réinventent, 100 % dédiés à l’épidémie. L’Agence régionale de santé, la direction et le SMIT sont à la manœuvre.

« Le SMIT avait déjà dédié un de ses secteurs 15 jours avant l’arrivée du premier patient », décrypte Léa Colombain, un des praticiens hospitaliers du service. Au fur et à mesure de l’intensification de la vague, il est décidé que l’hôpital sera dédié au Covid et que les cliniques privées prendront en charge les patients non Covid, hormis pour les urgences neurologie, gastro, cardio et néphrologie spécifiques à l’hôpital. Tout comme les services de chirurgie maxillo-faciale, la neurologie ou la gériatrie. Partout, les interventions non urgentes sont reportées. Des centres Covid-19 sont ouverts à Perpignan et dans les P.-O., gérés par des médecins de ville. Chacun prend sa part. « Une collaboration décisive », soulignera Hugues Aumaître, au cœur du dispositif avec le Dr Sébastien Pavageau. Une cellule mobile spéciale Ehpad est à pied d’œuvre. Le conseil départemental met à disposition locaux et moyens.

À l’hôpital, la révolution est en marche. Un par un, les services basculent en 48 heures, le rythme de travail passe à 12 heures par jour, de jour comme de nuit, internes et élèves de l’école d’infirmiers compris. « Des infirmières devenaient aides-soignantes, des chefs de service acceptaient les consignes des médecins d’autres services sans rechigner, l’implication et la solidarité ont été exemplaires », salue Léa Colombain. « Le SMIT a formé et informé les soignants. Je préparais des power-points, des tutos sur l’organisation des secteurs, des prises en charge médicales, des procédures. Avec le service informatique, on mettait à disposition ces protocoles Covid, qui évoluaient chaque jour, au rythme où l’on découvrait la maladie. On s’adaptait, et tout le monde s’adaptait sans cesse ». Un vrai tour de force. « Relevé par tous pour garder ce coup d’avance décisif ».

Alors que jusqu’à 420 consultations étaient assurées au pic de la crise et que plus de 150 agents ont changé de poste. « On a fait le job, on a fait front », soulignent plusieurs professionnels. « Tout cela alors qu’avant on répétait que l’hôpital était essoré et que là, il nous a manqué de l’eau », n’oublie pas une cadre de santé.

Source sur l’indépendant

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