En Languedoc-Roussillon, des dizaines de classes sont fermées dont encore au moins dix dans le seul département des Pyrénées-Orientales suite à la détection d’élèves positifs au Covid-19. Les critères qui entraînent ces fermetures paraissent flous à certains parents mais aussi médecins et même enseignants.

Le protocole qui aboutit à la fermeture d’une classe voire d’un établissement entier ne paraît pas très clair. C’est ce qu’affirment différents intéressés : parents d’élèves, enseignants et médecins.
La décision est-elle prise dès qu’un élève est positif ou bien lorsqu’il y a deux porteurs du virus ? Ou trois ? Et qui décide de renvoyer les élèves chez eux ? En l’occurrence souvent chez leurs grands-parents, potentiellement sujets à risque.
Est-ce une décision du chef d’établissement ? De l’Agence régionale de santé (ARS) ? Des deux ? Ou du préfet ? La mairie peut-être ? Et pour combien de temps arrête-t-on de dispenser des cours (en « présentiel ») à ces centaines d’élèves ? Sept jours ?Quatorze jours ?

Contacté lundi matin, le Rectorat de Montpellier répond que la décision est prise « par le chef d’établissement en lien avec la médecine scolaire ». Pas avec l’Agence régionale de santé ? « Avec l’ARS en fonction de la situation », répond-on avant de renvoyer aux fiches « mode d’emploi » élaborées par le ministère de l’Éducation nationale. Sur lesquelles on ne trouve pas toutes les réponses.

On est en train de reconfiner les enfants 

Si la « règle des trois cas » est bien diffusée, elle concerne uniquement la fermeture potentielle d’un établissement entier (lire plus loin) alors que parents voire enseignants pensent souvent qu’il s’agit du critère de fermeture de classes qui elles, peuvent être fermées dès un cas positif. De quoi en effet créer la confusion.
« Je trouve très étonnant le pilotage de crise dans l’Éducation nationale, s’agace Jean-Marie Bonec, médecin urgentiste dans la région. Pour les fermetures de classe, c’est très inégal d’une ville à l’autre, d’un département à l’autre. Dans les Pyrénées-Orientales par exemple, où mes jumeaux sont scolarisés, on a l’impression qu’à partir d’un cas, on ferme la classe. Je ne vois aucun protocole très clair, on est en train de reconfiner les enfants, leur année scolaire a déjà été chaotique et ça continue ».

C’est le préfet qui prend l’arrêté de fermeture

Une inquiétude que partagent beaucoup de parents et que veut apaiser le Directeur académique (Dasen) des Pyrénées-Orientales où « environ 80 élèves sur 76 000 ont été détectés positifs et 10 classes fermées » (consulter notre carte interactive ici).
« Le protocole est très clair et très simple, jure Frédéric Fulgence. Quand un cas est détecté, le chef d’établissement informe l’inspecteur de circonscription et le médecin scolaire. On analyse alors la situation et on fait une évaluation du nombre de cas contact à risque. Ensuite, on fait une liste de ces cas contact, camarades de classe ou personnels s’il s’agit d’un adulte, qu’on envoie à l’ARS en moins de 24 heures et l’ARS, en lien avec la CPAM, appelle sous 48 heures ces cas à risque ».
Quid des fermetures de classes ? « En évaluant le fonctionnement de l’école, on peut s’apercevoir que sur telle classe, un enseignant est cas contact, là on ferme ». Voilà pour le premier degré où les élèves, de moins de 11 ans, ne portent pas de masque. Dans le second degré, où collégiens et lycéens sont masqués, « avec un cas positif et 3-4 cas contact à risque, qui sont isolés, on ne ferme pas de classe ».

Premier ou second degré, « si on détecte 3 cas de contamination reliés à l’intérieur d’un établissement malgré les gestes barrière, on considère qu’il s’agit d’un cluster et ça entraînerait la fermeture de l’établissement entier, assure le Dasen. C’est toujours le préfet qui prend les arrêtés de fermeture ».Enfin, sur la durée de fermeture des classes, « la septaine est la règle ».Septaine qu’on peut aussi appeler semaine…

Les enseignants briefés sur les cas suspects
Laurence est enseignante dans un collège des Pyrénées-Orientales qui compte quelque 700 élèves et dont aucune classe n’a pour l’heure été fermée. « On n’a pas eu de cas positif, ni parmi les élèves ni parmi les enseignants ou l’encadrement mais effectivement, on ne sait rien sur le nombre de cas positifs qui entraînerait une fermeture », dit-elle. Même ignorance chez un collègue d’un autre collège, situé sur le littoral.
Les enseignants ont en revanche étaient bien briefés sur l’étape qui précède la fermeture : la suspicion de cas positif. « Là, on connaît bien la procédure, on doit envoyer l’élève à l’infirmerie où il sera mis à l’isolement, les parents prévenus viennent le chercher pour faire pratiquer le test obligatoire, explique la même enseignante. Si le test est positif, les parents doivent alerter le chef d’établissement qui fait remonter au Dasen et à l’ARS ».Aucune information sur la suite de la procédure n’a donc été communiquée à ces enseignants. Selon les explications du Dasen, c’est le chef d’établissement qui prend le relais lorsque la suspicion devient certitude.

Source sur l’indépendant

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