Des chiens spécialement entraînés pourraient aider les dépistages du coronavirus. Partie d’une équipe strasbourgeoise, l’idée pourrait permettre de lutter contre l’émergence de nouveaux foyers d’infection.

Dans les prochaines semaines, un nouveau dispositif canin pourrait voir le jour dans l’entrée des gares, des aéroports, aux portes des salles de concerts ou encore des stades. Les chiens seraient capables de reconnaître l’odeur de la maladie. Ainsi placé à l’entrée des lieux publics clos, l’animal déterminera l’accès ou non au public.

200 millions de cellules olfactives pour détecter la COVID-19 

Leur faculté ne date pas d’hier, depuis la Première Guerre mondiale, les chiens sont utilisés pour leurs talents de détection. Utilisés fréquemment pour découvrir drogues, argent et explosifs, ou encore lors des tremblements de terre, l’expertise des truffes n’est plus à prouver. Recouvert de 200 millions de cellules olfactives, leur odorat dépasse en effet la précision de tous les procédés chimique actuels. “Des travaux ont prouvé que les chiens étaient capables de détecter le paludisme. D’autres études suggèrent même qu’ils peuvent aussi sentir certains cancers.” relève le CNRS.

Si une deuxième vague survient, il sera difficile de confiner tout le monde comme on l’a fait

Philippe Choquet, enseignant-chercheur au CHU de Strasbourg et au laboratoire des sciences de l’ingénieur, de l’informatique et de l’imagerie, s’est allié à Yves Rémond et Christophe Ritzenthaler, chercheurs de chimie dans ce même laboratoire pour développer le projet COVIDOG. “Si une deuxième vague survient, il sera difficile de reconfiner tout le monde comme on l’a fait. Voilà pourquoi il nous faut disposer d’un moyen non invasif et immédiat pour détecter les porteurs du virus”, explique M. Choquet.

Le premier pas sera d’isoler l’odeur de la maladie à l’aide de cultures de cellules infectées. “Le virus reprogramme la cellule pour qu’elle travaille pour lui. C’est une modification du tout au tout du métabolisme cellulaire. Les cellules infectées ne libèrent pas les mêmes molécules que les cellules saines”, explique Christophe Ritzenthaler. Ainsi, les chercheurs espèrent pouvoir former les chiens à détecter cette différence et donc déceler le coronavirus. 

Les chiens  ne seraient pas exposés au virus

Tout se déroule dans des petits tubes en plastique. L’outil d’entraînement contient un polymère qui capture les molécules volatiles pour les relâcher progressivement. En mettant ce polymère à côté des cellules infectées, l’odeur peut être récupérée sans pour autant exposer l’animal à la contamination. Ainsi, ni les chiens ni leurs tuteurs ne seront exposés au virus.  “Notre but est de faire la preuve de concept et de proposer un protocole d’entraînement des chiens. Si ça marche, ce sera aux autorités de décider comment mettre en place et diffuser la méthode.” explique les chercheurs. 

Les scientifiques imaginent développer leur idée au-delà de la Covid-19 et espèrent étendre cette méthode à d’autres maladies. “On peut imaginer de l’appliquer à d’autres virus, aux virus hépatiques par exemple, ou à la tuberculose.“ 

Source sur l’indépendant

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