En dehors des interventions liées au Covid-19, l’activité des sapeurs-pompiers des Pyrénées-Orientales diminue sur le terrain depuis le début du confinement. Les explications de ce phénomène par le contrôleur général Jean-Pierre Salles-Mazou, directeur du Service départemental d’incendie et de secours des Pyrénées-Orientales (Sdis 66).

Les interventions décroissent mais la vigilance reste de mise. Les sapeurs-pompiers des Pyrénées-Orientales, à l’instar des autres corps de métiers des secours et de la sécurité, sont sur le pont face à la pandémie de Covid-19. Bien que la vie quotidienne (pour certains) reprenne chaque jour un peu plus ses droits en attendant la date fatidique du lundi 11 mai, « la diminution des activités économiques et humaines, et le confinement, ont amoindri la volumétrie opérationnelle standard de 30 à 40 % » constate le contrôleur général Jean-Pierre Salles-Mazou, directeur du Service départemental d’incendie et de secours des Pyrénées-Orientales (Sdis 66). Il s’en justifie au moyen de données chiffrées et d’éléments d’analyse.

Tout en soulignant qu’à ce jour, « en complément des ambulances privées qui font très largement leur boulot, 303 transports de personnes ayant eu probablement le Covid-19 ont été réalisés par nos équipes. 10 % de ces victimes ont contracté le virus. Le Covid se traduisant par une détresse respiratoire, un gros travail de régulation est fait de pair avec le Samu. «   

De près de 50 à 5 accidents de la route par semaine

Concrètement, fin février, les sapeurs-pompiers intervenaient 600 à 650 fois par semaine. Avec « l’effet Covid », c’est jusqu’à 370 fois par semaine. « Les gens ont arrêté d’appeler pour de la bobologie », selon le Général Salles-Mazou. Par ricochet, la nature des interventions a changé. 

Sur les routes, fin février et début mars, 40 à 50 accidents par semaine étaient à déplorer. Ils sont de l’ordre de 5 par semaine désormais : « Mais ces deux dernières semaines, ça augmente. On sent plus de monde sur les routes depuis que l’activité professionnelle revient. » 

Alors que tout le monde est invité à rester chez soi, une « vraie inquiétude » plane sur les incendies pour les pompiers. Pour ceux touchant les bâtiments, en diurne, ils se déclarent « dans la cuisine ou à cause d’une surtension », mais en nocturne, « quand les gens sont surpris dans leur sommeil, potentiellement des vies sont menacées. Nous restons très vigilants sur ça » : de 20 à 30 par semaine en temps normal, les feux urbains chutent à 6 par semaine.

Les tentatives de suicide sont un petit peu plus nombreuses

En ce qui concerne les feux dans les espaces naturels, « nous sommes tributaires de l’activité humaine et de la météo », reconnaît le directeur du Sdis 66. Au plus bas, ils ont été au nombre de 7. « La pluie et l’humidité, ça me réjouit », témoigne Jean-Pierre Salles-Mazou en ce début de week-end mouillé et brumeux. L’été approchant, par anticipation, il évoque « l’obligation légale de débroussailler », « l’interdiction d’incinérer les végétaux si des déchetteries sont prévues à cet effet », et encourage à « la création de compost. »

Par ailleurs, « il y a une acuité d’attention sur les tentatives de suicide. De tout type, et avec des profils de victimes divers, elles sont un petit peu plus nombreuses. » S’ils agissent en qualité d’intervenants, les sapeurs-pompiers peuvent aussi être des relais. En matière de violences intrafamiliales par exemple : « Si la nature de certaines blessures est différente de ce qu’elle pourrait être vu la causalité des faits, en cas de suspicions de comportement violent, nous faisons un signalement à nos collègues policiers et gendarmes. »

Source sur l’indépendant

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