En raison du confinement, les ventes de véhicules neufs en pays catalan ont chuté de 79 % en mars et de 40 % sur l’ensemble du premier trimestre 2020. Une baisse à la fois inédite et inquiétante.

La dégringolade est historique. Ce mois de mars, dans les Pyrénées-Orientales, les immatriculations de véhicules neufs (hors utilitaires) ont chuté de 79 % par rapport à la même période en 2019. Le mois dernier, le département a recensé seulement 371 immatriculations pour ce type de véhicules, contre plus de 1700 en mars de l’an dernier. « Cette baisse est exclusivement due au confinement, qui a entraîné la fermeture des concessions », analyse Denis Roland, l’un des représentants locaux du Conseil des professionnels de l’automobile (CNPA), par ailleurs concessionnaire Skoda à Perpignan.

Pour ne rien arranger, le mois de mars étant en temps normal l’un des meilleurs de l’année en termes de ventes, le résultat de l’ensemble du premier trimestre 2020 se retrouve impacté, avec une baisse des ventes de véhicules neufs de l’ordre de 40 % par rapport à début 2019.   

Catastrophique

Pour les concessionnaires, les conséquences économiques de la crise sanitaire s’annoncent « catastrophiques ». « Surtout compte tenu des stocks de véhicules que nous avons, souligne le président départemental du CNPA, Alain Savary. Les véhicules d’occasion perdent chaque jour de la valeur… Concernant les activités d’après-vente (entretien, réparation…), qui restent autorisées, nous assurons un service minimum pour les personnels soignants et les salariés qui ont besoin de se déplacer. Mais notre activité est très réduite. »

« Nous avons très peu de demandes urgentes, confirme le PDG du groupe Scala, Franck Stival. Sur la concession Audi / Volkswagen de Perpignan, nous sommes par exemple passés de 500 à 30 appels par jour avec le confinement. »

Pour les professionnels, l’enjeu semble désormais de relancer leur activité le plus rapidement possible. « Nous espérons pouvoir redémarrer le 11 mai. Mais pour l’heure, il n’y a eu aucune annonce officielle nous concernant, indique Denis Roland. Quoi qu’il en soit, nous nous préparons à rouvrir avec des mesures de sécurité particulières (masques, panneaux de plexiglas, désinfection des véhicules…). » 

L’activité va mettre du temps à repartir

« On s’interroge sur la date de la reprise, renchérit Franck Stival. Serons-nous éligibles pour reprendre le 11 mai ? Et si oui, à quel rythme ? Notre inquiétude est de savoir quel volume d’activité on va pouvoir traiter. Je pense que sur les activités après-vente, on devrait tenir un flux correct. Pour les ventes de véhicules d’occasion, je ne suis pas trop inquiet. Par contre, je suis plus pessimiste en ce qui concerne les véhicules neufs. » D’autres professionnels sont encore plus circonspects : « L’activité va mettre du temps à repartir. Il va falloir gérer finement la trésorerie pour tenir le coup. »

Les pertes de chiffre d’affaires sur les mois de mars et d’avril ne risquent-elles pas de conduire certaines entreprises du secteur à la faillite ? « À mon avis, pas à court terme, en tout cas pour ce qui est des concessionnaires, répond Denis Roland. Le chômage partiel va amortir le choc. Le Prêt garanti par l’Etat (PGE) va aussi permettre aux entreprises de passer ce cap difficile. Mais il faudra rembourser ce prêt… Il pourrait y avoir un contrecoup. » Afin d’éviter un tel phénomène, le Conseil des professionnels de l’automobile (CNPA) réclame entre autres la suppression de certaines taxes (notamment celles sur les surfaces commerciales et la publicité extérieure) pour l’année 2020.

Garagistes poids lourds : des disparités selon les spécialités

En cette période de confinement, les poids lourds (notamment chargés de denrées alimentaires) continuent de circuler. Cependant, les concessionnaires spécialisés dans la vente et l’entretien de camions ne sont pas pour autant épargnés par la crise. « Les ventes sont réduites à leur plus simple expression. Entre dix et quinze en un mois sur l’ensemble de nos cinq sites contre une trentaine en temps normal. Mais je pense qu’on devrait arriver à compenser à partir de septembre », positive Pierre Brunel, concessionnaire Iveco à Perpignan et dans plusieurs villes de la région. En ce qui concerne les activités d’entretien et de réparation, le garage fonctionne presque normalement. « On continue à dépanner les transporteurs routiers même la nuit et le week-end, souligne Pierre Brunel. On a seulement fait passer à 35 heures les salariés qui en faisaient 39. »  

De son côté, José Da Costa, le cogérant de Polygone Poids Lourds, dont les principaux clients sont des entreprises de travaux publics, dépeint un tableau plus sombre : « Les deux plus grosses sociétés dont nous réparons les camions ne reprendront leurs activités que la semaine prochaine. Et de manière très réduite… Pour l’heure, nous ne sommes que trois sur douze à être au travail. Nous sommes très inquiets. Au redémarrage, les entreprises risquent d’avoir peu de trésorerie et peu de chantiers… »  

Source sur l’indépendant

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