Quels pays testent le plus? Pourquoi les délais d’attente sont-ils trop longs? Après un test positif, combien de temps dure la quarantaine? Alors que l’épidémie de Covid-19 semble repartir, tour d’Europe des politiques de test selon les pays.

– Des masses de tests –

Par rapport au pic de la pandémie en mars-avril, les pays européens ont globalement augmenté leur capacité de tests de diagnostic (RT-PCR), à commencer par la France qui était alors à la traîne.

Désormais, elle réalise chaque semaine plus d’un million de tests, soit environ 17 pour 1.000 habitants, davantage que la plupart de ses voisins européens.

Cette proportion se situe plutôt autour de 13 pour 1.000 habitants en Allemagne (plus d’un million de tests la semaine du 31 août, dernière pour laquelle on a des données), en Espagne (631.000 tests la semaine dernière), en Belgique (près de 200.000 tests hebdomadaires) ou encore en Suède (142.000).

L’Italie est en-dessous avec 9,7 tests pour 1.000 habitants sur les sept derniers jours (584.000).

Le champion d’Europe est le Royaume-Uni avec 23 tests pour 1.000 habitants par semaine (1,5 million de tests au total).

– Une trop longue attente –

La capacité n’est pas tout, loin de là: pour lutter efficacement contre l’épidémie, les délais d’attente sont déterminants, que ce soit pour se faire tester ou avoir le résultat. Un test et un résultat tardifs, c’est le risque que la personne en contamine d’autres entre-temps.

Dans plusieurs pays, notamment les zones les plus touchées par le virus, le délai pour se faire tester est plus long que ce qu’il devrait être à cause d’une demande trop importante, voire d’une pénurie de réactifs.

C’est le cas en France où les files d’attente s’allongent devant les laboratoires.

“Nous sommes confrontés à de réelles difficultés organisationnelles”, a concédé jeudi le ministre français de la Santé Olivier Véran, en déplorant “un embouteillage dans l’accès aux tests, surtout dans certaines grandes villes”.

De la même manière, les témoignages se multiplient en Grande-Bretagne de personnes ne parvenant pas à réserver un test ou devant parcourir pour cela de très longues distances.

En Espagne, le délai varie selon les politiques des 17 régions autonomes. Globalement, le ministre de la Santé Salvador Illa a toutefois souligné la nécessité de le raccourcir.

A l’inverse, les temps d’attente ne sont pas source de polémique en Italie.

Pour tenter de limiter l’engorgement, plusieurs pays ont défini des personnes prioritaires (celles qui ont une prescription médicale ou des symptômes, les soignants…)

– Des résultats qui tardent –

Les délais pour obtenir le résultat sont souvent eux aussi trop longs.

En Suède, dans la région de Stockholm, l’objectif était de tester dans les 24 heures pour une réponse dans les 48 heures suivant le test. Mais “dans l’état actuel des choses, la capacité n’est pas suffisante, que ce soit du côté du prélèvement ou de l’analyse” qui peut prendre jusqu’à une semaine, déplorait dimanche un responsable de la région à l’agence de presse TT.

Idem en France: le gouvernement assure que 80% des tests sont rendus en moins de 36 heures, mais dans les faits il faut souvent beaucoup plus, une semaine voire davantage.

En Grande-Bretagne, le Sunday Times a même affirmé dimanche que des tests devaient être envoyés en Italie et en Allemagne à cause d’un arriéré de 185.000 échantillons en attente de résultat.

“La logistique du système de tests est sérieusement sous tension”, a averti un expert de l’université d’Oxford, le Pr James Naismith, cité par l’organisme Science Media Centre.

L’Allemagne elle, est plutôt performante. En théorie, le résultat – s’il est positif – est annoncé rapidement, dans les 24 heures ou 48 heures au plus tard, en fonction des régions et de leurs capacités en laboratoires.

Mais le système a connu quelques dérapages. Le plus retentissant est survenu en Bavière, quand près d’un millier de personnes, qui avaient passé un test à leur retour de vacances et n’avaient pas reçu le résultat, étaient parties du principe qu’elles étaient négatives.

A tort: les autorités sanitaires, complètement submergées par la multiplication des tests, n’avaient pas été en mesure de les avertir qu’elles étaient infectées avant plus d’une semaine.

– Quarantaine: on tâtonne –

Le gouvernement français vient d’abaisser à 7 jours la durée d’isolement des gens testés positifs. Il a mis en avant un argument scientifique (on est davantage contagieux dans les premiers jours) mais a également dû se résoudre à un constat pragmatique: la durée de 14 jours initialement en vigueur n’était pas suffisamment respectée.

L’instance qui conseille le gouvernement italien s’est ensuite penchée sur ce “modèle français”. Son verdict: la réduction du nombre de jours n’est pas justifiée et l’Italie en reste à 14.

Jeudi, l’OMS a également exclu de raccourcir sa recommandation d’une quarantaine de 14 jours.

“Nous ne la réviserions que sur la base d’un changement de notre compréhension de la science, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent”, a souligné Catherine Smallwood, en charge des situations d’urgence à l’OMS Europe.

Sur ce sujet, les stratégies nationales diffèrent largement en Europe.

L’Allemagne respecte les 14 jours. De leur côté, l’Autriche et la Slovénie ont abaissé cette période à 10 jours, durée également en vigueur en Suisse, au Royaume-Uni et en Irlande. Plusieurs pays européens, comme le Portugal et la Croatie, envisagent également de la réduire. Et comme la France, la Belgique a opté pour les 7 jours.

Source sur l’indépendant

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