Port du masque et ventilation des locaux. Voici deux des piliers sur lesquels le nouveau Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars) conseille de s’appuyer en cette fin d’année, afin de limiter les effets d’une éventuelle reprise épidémique. Sur quoi ces recommandations reposent-elles ?

« Prévenir, dépister, traiter, impliquer. » C’est la doctrine du tout nouveau Covars (qui a remplacé le Conseil scientifique), dans son premier avis rendu voilà quelques jours. Un texte rédigé dans un contexte de reprise épidémique modérée, mais qui incite à la vigilance. Les infections hivernales sont là, les urgences (notamment pédiatriques) sont déjà sous tension et le nouveau variant BQ.1.1 n’a pas encore livré tous ses secrets, notamment son degré d’échappement immunitaire.

Au chapitre des recommandations du Covars liées à la prévention figurent bien sûr la vaccination, et deux « mesures physiques » : le port du masque et la ventilation des locaux. Concernant le port du masque, pas d’obligation mais une incitation à le porter « dans les transports, dans les lieux clos et mal aérés où il y a du monde ». Dans les structures de soins en revanche, le maintien de l’obligation du port du masque est recommandé. Mais quels sont les effets réels de ces mesures ?

Réduction du nombre de reproduction

Pour fonder sa position sur le port du masque, le Covars s’est appuyé sur quatre méta-analyses qui ont « résumé les résultats des études quantifiant l’impact du masque sur la transmission des maladies respiratoires en communauté », peut-on lire dans l’avis du 20 octobre. Même si certains présentent des limitations méthodologiques, « les rares essais contrôlés randomisés sur le SARS-CoV-2 ont estimé que le port du masque en communauté était associé à une réduction de 14% du risque infectieux ».

Une étude plus large, portant sur l’utilisation des masques par 20 millions de participants dans 92 régions sur six continents entre mai et septembre 2020, conclut, elle que « le port du masque a réduit le nombre de reproduction R de 19% ». Traduction : la capacité du virus à se transmettre d’une personne contaminée à une personne non malade a baissé de 19%, grâce au port du masque.

Conclusion, pour le Covars : « le port généralisé du masque dans la plupart des lieux publics avec une adhésion élevée pourrait permettre de réduire le nombre de reproduction R de l’ordre de 10% voire 20% ». Ce niveau de réduction, dans le contexte épidémique actuel, « peut ralentir la progression du virus dans la population, diminuer la taille du pic épidémique et donc réduire le stress sur le système de santé ».

Stratégie combinée

Mais le port du masque seul ne saurait suffire, avertit le Covars : « c’est en additionnant l’effet de plusieurs mesures (…), qui apportent chacune une petite réduction du risque d’infection, qu’on réussit à obtenir un impact important sur la dynamique de l’épidémie ». D’où sa proposition concernant la ventilation, préconisée « partout où la situation l’exige », tout comme la généralisation de « la mise en place de capteurs de CO2 en milieu scolaire notamment ».

Le Covars rappelle ainsi que l’aide exceptionnelle qui a permis de financer l’installation de près de 120 000 capteurs dans les établissements scolaires pendant l’année scolaire 2021-2022, sera prolongée jusqu’à la fin de l’année. Enfin, « des messages clairs doivent être donnés aux familles sur la nécessité d’aérer régulièrement les pièces à la maison ».

Source sur l’indépendant

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