Longtemps considérés comme beaucoup moins touchés que les adultes, les enfants propagent-ils autant voire plus le virus que les adultes? Une étude autrichienne publiée début janvier 2021 jette le trouble.

Une maladie silencieuse mais bien présente. Tel pourrait être le résumé d’une étude autrichienne basée sur plus de 13.000 tests réalisés dans des écoles du pays. Son résultat pourrait rebattre les cartes sur ce que l’on savait concernant la capacité des enfants à moins propager le virus que les autres. Et ce, alors même que le sujet du maintien des classes ouvertes revient sur la table.

Dans son avis rendu au président de la République le 12 janvier, le Conseil scientifique français dit ne pas militer pour la fermeture des écoles même si, en France, il manque cruellement d’une étude au long cours sur le sujet pour rassurer parents et enseignants. Surtout qu’en ce moment, les données de suivi de l’épidémie de Santé Publique France montrent une augmentation plus importante du taux de positivité des tests chez les enfants et adolescents: 10% chez les plus petits (0-9 ans) et 8,5% chez les 10-19 ans, contre 6,4% dans la population générale. 

Il faudrait vraiment que la France lance, à la manière des Anglais, une enquête épidémiologique avec échantillon représentatif pour savoir dans quelle mesure les enfants sont ou non contaminés. On nage en plein brouillard.https://t.co/om35U7IcVW

— Vincent Glad (@vincentglad) January 11, 2021

Le cas autrichien

Publiée début janvier en pré-print sur la très sérieuse revue médicale en ligne Medrxiv, l’étude menée par Michael Wagner, chercheur à l’Université de Vienne, a ainsi révélé une accélération de la circulation du virus dans les écoles autrichiennes dans les semaines précédant leur fermeture ordonnée mi-novembre face à la deuxième vague. Ecoles autrichiennes dans lesquelles le masque était alors obligatoire pour tous mais pas durant les heures de cours, ce qui change un peu la donne par rapport à la France.

Pour l’équipe de Wagner, il y a eu, en moins d’un mois, presque 4 fois plus de cas parmi les élèves autrichiens testés. Des tests positifs qui ont fait grimper la prévalence (nombre de cas d’une maladie dans une population à un moment donné) de 0,39% à 1,5%. Un pourcentage très proche de la prévalence nationale des plus de 16 ans qui était de 2,12% en novembre en Autriche.

Michael Wagner en a donc tiré la conclusion que “les enfants ne seraient pas plus à l’abri du virus même s’ils développent beaucoup moins la maladie”. “On a relevé des cas dans 3 classes sur 4 et partout sur le territoire” affirmait encore Michael Wagner. “Plus des personnes sont rassemblées dans un même endroit, plus elles présentent un risque non négligeable de propagation.” Qu’il s’agisse ou non d’enfants…

Une donnée à mettre en parallèle à celle, venue de Grande-Bretagne, qui démontrerait que le nouveau variant touche beaucoup plus les moins de 20 ans que la souche précédente. Données toutefois limitées qui sont parfois contestées outre-Manche.

Les élèves défavorisés plus contaminés

Autre donnée particulièrement intéressante révélée par l’étude autrichienne: la vitesse de propagation du virus semble aussi dépendre du milieu social. Ainsi, dans les écoles situées dans les zones les plus défavorisées, les contaminations étaient tout simplement deux fois plus élevées que dans celles des zones plus aisées. “Cela ne signifie pas nécessairement les conditions dans ces écoles sont différentes”, expliquait un universitaire d’Innsbruck. “Cela peut aussi être dû à l’environnement social notamment lorsque les parents qui n’ont pas la possibilité de télétravailler et envoient les enfants même légèrement souffrants à l’école.”

Sujet sensible partout dans le monde, l’étude a fait l’effet d’une bombe en Autriche qui doit rouvrir ses écoles le 18 janvier après deux mois de fermeture. Ce sera sans masque, le cour suprême autrichienne ayant jugé son port illégal dans les établissements scolaires.

Toutefois, Michael Wagner a indiqué, dans un média autrichien, que la réouverture des écoles pourra se faire mais avec un renforcement des protocoles et le strict respect des gestes barrières.

Source sur l’indépendant

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