Estimant que la France aurait franchi le pic de la troisième vague épidémique de COVID-19 mi-avril, l’exécutif compte également sur l’accélération de la vaccination pour accompagner le déconfinement progressif annoncé jeudi par Emmanuel Macron dans la presse quotidienne régionale. Mais déjà des voix s’élèvent contre cette décision jugée prématurée. 

La vaccination comme prétexte à la réouverture du pays . Elle sera en effet proposée à de nouveaux publics à partir de samedi. Les personnes âgées de 18 à 55 ans, non éligibles pour l’instant, pourront ainsi bénéficier de la vaccination si elles souffrent de maladies chroniques, non seulement l’obésité comme annoncé jeudi par le chef de l’Etat mais aussi en cas d’hypertension artérielle, de diabète, d’insuffisance rénale ou de cancer par exemple, a expliqué Olivier Véran.
“Au total, nous élargissons la vaccination à quelque quatre millions de Français fragiles”, a-t-il précisé.

Mais malgré ces précautions, le monde médical et scientifique a accueilli très fraîchement la stratégie de levée progressive des restrictions.
“On va déconfiner avec des chiffres moins bons qu’au moment où on a confiné. Il faut bien comprendre que la situation aujourd’hui n’est pas bonne”, a jugé Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris, et maire Les Républicains de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine). “Les conditions du déconfinement se font un peu à l’aveugle. On a un peu l’impression qu’il faut déconfiner parce que tout le monde déconfine”, a-t-il estimé vendredi sur France Inter.

L'étape 2 du calendrier.
L’étape 2 du calendrier. Capture d’écran

Sur LCI, Gilles Deray, chef du service de néphrologie à l’hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière, a dit craindre que cet assouplissement des restrictions n’aboutisse finalement à un nouveau confinement, en jugeant que le seuil de taux d’incidence hebdomadaire fixé à 400 nouveaux cas pour 100.000 habitants afin de permettre cette réouverture “sort de nulle part”.”Message reçu oui, message accepté non”, a-t-il dit au sujet des annonces d’Emmanuel Macron.

De son côté, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, a déclaré jeudi à Reuters que la situation restait “sensible”. “La très légère décrue à laquelle on assiste peut très bien se traduire à nouveau par une remontée dans quelques mois ou dans quelque temps”, a-t-il dit en rappelant que la concentration des moyens hospitaliers sur la gestion de l’épidémie de COVID-19 se faisait au prix de nombreuses déprogrammations d’interventions. 

Source sur l’indépendant

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici