D’un côté les indicateurs hospitaliers sont toujours orientés à la baisse, de l’autre le taux d’incidence remonte. Simple décalage dans le temps où décorrélation actée entre cas et formes graves ?

Le taux d’incidence, dont l’augmentation fulgurante dans certains départements comme les Pyrénées-Orientales a justifié le retour de nouvelles restrictions, est passé en France de 18,7 pour 100.000 le 26 juin dernier à 50,6 (246 dans les Pyrénées-Orientales et 76 dans l’Aude) au14 juillet. Soit une croissance de près de 200 %. Il s’élève même à  Ainsi 4.838 cas quotidiens en moyenne ont été détectés du 8 au 14 juillet, +56,7 % en sept jours. Certains épidémiologistes prévoient déjà 20.000 cas quotidiens d’ici une semaine.

Du côté de l’hôpital, les chiffres n’ont jamais été aussi bas depuis de longs mois. Ce 17 juillet, Santé publique France indiquait que moins de 7.000 patients sont hospitalisés, 6.922 exactement. Un chiffre plus observé depuis le 4 octobre 2020. Au plus haut de la deuxième vague, ils étaient 33.466.

Moins de 900 hospitalisations

Parmi ces patients, moins de 900 (890) sont désormais soignés en services de soins critiques, soit -6% en moyenne sur sept jours. Un niveau plus atteint depuis les 20-21 septembre dernier. Lors du pic de la première vague, la barre des 7.000 avait été dépassée et celle des 6.000 pour la troisième, le 26 avril dernier.

Quant aux décès quotidiens, ils sont toujours en baisse. En très forte même sur les sept derniers jours avec 16 victimes – en moyenne quotidienne entre le 11 et le 17 juillet, soit -32,9 % en sept jours.

Décalage…

Comment expliquer ce paradoxe apparent ?

Deux hypothèses peuvent être avancées : décalage habituel entre contaminations et hospitalisations ou décorrélation entre l’augmentation des nouveaux cas et ses conséquences hospitalières.

Il est généralement observé un décalage de deux semaines entre une hausse du nombre des nouveaux cas et sa répercussion sur les admissions à l’hôpital. En France, les contaminations ont entamé une remontée le 26 juin. Les effets de cette augmentation devaient commencer à se faire ressentir aux alentours du 10 juillet. Une hausse des admissions quotidiennes est bien observée avec 171 entrées quotidiennes moyennes (loin des plus de 2.100 début avril) entre le 11 et le 17 juillet, soit +47% en sept jours. Mais trois semaines maintenant après le début de la remontée des cas, les retours à domicile demeurant à un niveau quotidien élevé (142 par exemple pour 114 admissions en 24 h ce 17 juillet) permettent, pour l’heure, de maintenir les hospitalisations à un niveau bas. Aussi, le nombre total de patients hospitalisés pour Covid ne cesse de baisser depuis la fin avril, comme rappelé ci-dessus.

…Ou décorrélation

L’hypothèse d’une décorrélation croissante du chiffre des contaminations et de celui des hospitalisations prend de plus en plus de crédit, comme l’indiquait L’Indépendant début juillet. La courbe des nouvelles hospitalisations pour Covid-19 ne suit plus celle des nouveaux cas détectés en Israël et au Royaume-Uni par exemple.
L’indicateur du nombre de nouvelles contaminations (et du taux d’incidence) pourrait bien être devenu obsolète dans le suivi de l’épidémie et pourrait, de manière plus pertinente, être remplacé par celui des hospitalisations. À tel point que certains pays ont d’ores et déjà décidé de ne plus communiquer quotidiennement le nombre de nouveaux cas.

Si cette potentielle décorrélation peut s’expliquer par la vaccination majoritaire, notamment parmi les populations les plus fragiles (personnes âgées ou atteintes de comorbidités) les plus à même de développer des formes graves de Covid impliquant une hospitalisation, la nature des publics contaminés entre également en ligne de compte.
L’explosion récente du taux d’incidence est en effet surtout observée chez les jeunes qui retrouvent un peu de vie sociale. Une catégorie de population dont on sait qu’elle ne présente statistiquement que très rarement des formes graves, nécessitant une prise en charge hospitalière, et qui n’a eu accès à la vaccination que depuis le 15 juin pour les plus jeunes.

La semaine qui arrive devrait permettre de vérifier l’une ou l’autre de ses deux hypothèses.

Source sur l’indépendant

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