Impossible ou presque de trouver des sacs d’un kg de farine dans les commerces ou dans les grandes surfaces. Pourtant, selon des professionnels, la Toulousaine des Farines à Sallèles-d’Aude, au Moulin du Vivier à Castelnaudary, il n’y  a pas de pénurie. Explications.

Les grandes surfaces nous rouleraient-elles dans la farine ? 

Depuis le début de la crise sanitaire, due au Covid-19 et avec le confinement, nombre de consommateurs se sont littéralement jetés sur les rayons des commerces de détails et des grandes surfaces sur les sacs d’un kilo de farine.

Confinés, les habitants régalent en crêpes, pâtisseries et autres gâteaux leurs familles, créant ainsi, eux-mêmes, une pénurie dans les magasins.

Pourtant, « les sacs d’un kg de farine représentent 5% de la production », explique Antoine Bernabé,  le responsable de la Toulousaine des Farines, basée à Sallèles-d’Aude, qui est la plus importante minoterie au sud de la Loire.

« Ce qui est navrant, c’est que plus de 50% des sacs d’un kg sont issus de l’étranger. Le problème, sur les sacs d’un kg, vient des donneurs d’ordre qui préfèrent commander à l’étranger pour des raisons de marge. Mais je pense que les Français achèteraient de la farine originaire de l’Hexagone même si le prix était légèrement supérieur », poursuit-il.

Avec comme gage qualitatif, un blé issu à 100 % de France dont 80% d’Occitanie.

Pour Antoine Bernabé; « Il n’y a pas de problème de pénurie de farine ». La société Sallèloise prend aussi de plein fouet cette crise avec la fermeture d’artisans, d’industriels, de restaurants… « On tourne à 50% de notre activité », précise le directeur de la Toulousaine des farines.

En mars pourtant la société a produit quelque 4 000 tonnes de farine et propose à ses clients historiques des conditionnements de 10 kg de farine.

Une filière désorganisée

Même constat et mêmes explications pour Sylvie Maury du Moulin du Vivier à Saint-Martin Lalande près de Castelnaudary. 

« Ça fait 40 ans que nous sommes meuniers. Le marché a été détruit par les grandes surfaces qui se  fournissent  en sacs d’un kg  de farine à l’étranger », déclare la professionnelle qui se considère comme « minuscule » face aux géants de la minoterie comme la Toulousaine des farines. 

« La filière a été désorganisée en raison de la crise sanitaire, bien sûr mais aussi par le comportement des consommateurs et du conditionnement des sacs d’un kilo de farine en Espagne, Italie, Allemagne », constate-t-elle encore.

« Nous, nous fournissons des particuliers et des professionnels : boulangers, pizzerias, pâtissiers… des sacs d’un, de cinq et de dix kg », détaille Sylvie Maury qui affirme, elle aussi : « Il n’y a pas de pénurie chez nous. Nous n’avons aucun problème pour livrer nos clients et aucun problème d’approvisionnement ».

 En moyenne, le Moulin du Vivier alimente en farine les particuliers à hauteur de sept tonnes par an et d’environ cent tonnes par mois les professionnels.

« Depuis l’épidémie et la pénurie dans les magasins, on n’arrête pas », souligne-t-elle qui privilégie les circuits courts avec le blé d’Occitanie.

Alors, ne s’agit-il uniquement que d’un problème de comportement des consommateurs ou un moyen de se faire du blé avec de la farine ?

Le Moulin du Vivier à Saint-Martin Lalande est ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 12 h 30 et de13 h à 17 h. Tel : 04 68 23 03 66

Source sur l’indépendant

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