C’est une étude britannique qui le constate : malgré l’efficacité des vaccins anti-SARS-CoV-2, la pandémie a contribué à renforcer la défiance à l’égard de la vaccination.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, près de 13 milliards de doses de vaccins contre le SARS-CoV-2, ont été injectées à travers le monde, selon les chiffres de l’université américaine de médecine John Hopkins. Dont 153 millions rien qu’en France, presque autant qu’au Royaume-Uni où a été menée une étude sur le niveau de confiance envers la vaccination, avant et depuis la pandémie. Ses résultats ont été publiés dans la revue Vaccine.

Pour établir cette comparaison, les chercheurs de l’Université de Portsmouth ont analysé les réponses à des enquêtes en ligne menées auprès d’un millier d’adultes, en novembre 2019 (avant la pandémie) et en janvier 2022 (depuis la pandémie). Après avoir renseigné leur âge, leur genre ou leur religion, ils ont eu à se positionner face à des affirmations telles que « les vaccins sont sûrs », « je pense que les vaccins devraient être une pratique obligatoire » ou « je pense que si je me fais vacciner, cela sera bénéfique pour le bien-être des autres ».

Croyants plus sceptiques

Première observation : qu’il s’agisse du groupe « pré-pandémie » ou du groupe « post-pandémie », les participants ayant des croyances religieuses semblaient significativement plus hésitants à l’égard des vaccins que les athées et les agnostiques. Aucune association n’a en revanche été établie entre le genre et la confiance envers la vaccination.

Concernant cette fois le groupe interrogé en 2022, seul un cinquième des participants a signalé une augmentation de la confiance dans la vaccination, indépendamment de l’âge, du genre, des convictions religieuses, du niveau d’éducation ou de l’origine ethnique. Et malgré la preuve de l’efficacité de la vaccination anti-SARS-CoV-2 pour lutter contre les formes graves de la maladie.

Les jeunes, plus réticents en 2022

Le changement le plus notable entre les enquêtes de 2019 et 2022 concerne la tranche d’âge la plus méfiante à l’égard de la vaccination. Avant la pandémie, les 46-60 ans étaient les plus réticents ; après la pandémie, il s’agissait des populations les plus jeunes. Pour les auteurs de l’étude, « cela pourrait s’expliquer par le fait que les infections au Covid-19 entraînent notoirement des conséquences plus graves chez les patients plus âgés ».

Une limite cependant, et pas des moindres : les deux groupes interrogés avant et depuis la pandémie n’étaient pas constitués par les mêmes participants. On ne sait donc pas, par exemple, si et comment l’opinion des sceptiques du groupe pré-pandémie a évolué en 2022. « Toutefois, l’étude est cohérente avec d’autres observations suggérant que la confiance dans les vaccins pourrait être une autre victime de la pandémie de Covid-19 « .

Source sur l’indépendant

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