Depuis le début de la pandémie de Covid-19, de nombreux chercheurs se sont intéressés à une question cruciale : comment expliquer que certains patients infectés par le SARS-CoV-2 ne présentent aucun symptôme alors que d’autres développent une pneumopathie pouvant aller jusqu’au décès ? dans une nouvelle étude, l’Inserm s’est intéressé aux rares formes sévères observées chez les vaccinés, un autre sujet majeur dans la pandémie. 

Si toutes les études scientifiques ont montré que la vaccination contre la Covid-19 était efficace pour prévenir les formes graves de la maladie, il n’empêche que dans les faits, toutes les personnes n’ont pas réagi de la même manière. Car certaines personnes vaccinées infectées par le SARS-CoV-2, ont développé des formes sévères de la maladie, nécessitant une hospitalisation.

Que sont les Interférons de type 1

Les interférons de type 1 (IFN 1) sont un groupe de 17 protéines habituellement produites de manière rapide par les cellules de l’organisme en réponse à une infection virale et ayant pour principal effet d’inhiber la réplication du virus dans les cellules infectées. Il en existe plusieurs types, répartis en plusieurs familles : alphas, bêta, oméga, kappa et epsilon.

Chez certains patients atteints de formes sévères de Covid-19, des auto-anticorps dirigés contre les interférons de type 1 ont été retrouvés. Neutralisant l’action des IFN 1, ces auto-anticorps empêchent donc l’organisme de bien se défendre contre le virus.

Les cas sont très rares mais ils font l’objet d’un suivi très particulier de la part de l’Inserm (L’Institut national de la santé et de la recherche médicale). L’enjeu étant de comprendre pourquoi des patients vaccinés avec deux doses ont été hospitalisés suite à une infection par le SARS CoV-2.

Un sujet essentiel dans la compréhension des processus de vaccination auquel des chercheurs de l’Inserm, de l’AP-HP et enseignants-chercheurs d’Université Paris Cité au sein de l’Institut Imagine ont mené des travaux qui mettent en évidence un déficit immunologique chez une partie de ces patients.

Les équipes de recherche menées par le Pr Jean-Laurent Casanova et le Dr Laurent Abel, co-directeurs du laboratoire de génétique humaine des maladies infectieuses, ont tenté de mieux comprendre ce phénomène. Ils ont recruté dans leur étude 48 patients âgés de 20 à 80 ans ayant fait une forme sévère à critique suite à une infection par le variant delta, malgré un schéma vaccinal complet par vaccin à ARNm.

Au final, les scientifiques démontrent que 24 % des individus suivis dans cette étude présentent des auto-anticorps qui neutralisent l’action des interférons de type 1, des protéines qui constituent la première barrière immunologique contre les virus. Ces résultats sont publiés dans le journal Science Immunology.

C’est donc un déficit immunologique chez une partie de ces patients qui expliquerait l’apparition de formes graves mêmes après deux doses de vaccin selon le communiqué de l’Inserm.

Source sur l’indépendant

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici