Et si la manière dont nous réagissons au Covid était liée à des allergies antérieures, comme certaines allergies alimentaires ? C’est l’hypothèse formulée et vérifiée par une équipe de chercheurs américains. L’immunité croisée, nouvelle piste pour les vaccins ?

Pourquoi certaines personnes échappent-elles à la contamination par le virus responsable du Covid, et pas d’autres ? Pourquoi certaines ont-elles des symptômes, tandis que d’autres n’en présentent que peu ou pas du tout ? Voilà le genre de questions qui préoccupent les chercheurs depuis maintenant près de 3 ans, car même si l’on comprend de mieux en mieux la maladie, de nombreuses questions restent pour le moment sans réponse ferme et définitive.

Celle concernant la capacité de résistance au virus en fait partie. Cette immunité est-elle innée, grâce à notre groupe sanguin ou à des prédispositions génétiques ? Ou acquise, en raison d’une exposition préalable à des protéines qui ressemblent à celles du Sars-CoV-2 ? Cette dernière hypothèse, c’est celle de l’immunité croisée. Elle a notamment été étudiée par une équipe américaine, dont l’étude vient d’être publiée dans la revue Frontiers in Immunology.

Brocoli et ananas

Petit rappel : lorsque notre organisme est attaqué par un agent pathogène, un virus ou une bactérie, il déclenche une réponse immunitaire pour le neutraliser. Pour ce faire, il produit des anticorps, des protéines issues de globules blancs qui se fixent sur des parties spécifiques de l’agent pathogène et contribuent à sa destruction. Une fois que l’infection a disparu, les lymphocytes T et B à mémoire conservent, comme leur nom l’indique, la mémoire de tout ou partie de l’agent pathogène. Et pourront donc réagir très vite s’il se présente à nouveau.

Or, il se trouve que le Sars-CoV-2 (et ses nombreux variants) partage un certain nombre de caractéristiques avec d’autres virus – des rhinovirus par exemple, mais pas seulement. Certaines protéines présentes dans des bactéries, des vaccins, des cellules humaines et même des aliments peuvent elles aussi présenter des similitudes avec le coronavirus… et potentiellement déclencher une réaction immunitaire.

Les chercheurs ont ainsi testé leur hypothèse sur des protéines provenant d’aliments courants, de vaccins, de bactéries et de virus. Les anticorps ont réagi le plus fortement avec une bactérie intestinale commune, appelée E. faecalis, et un vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Et, de manière significative, avec des protéines présentes dans le brocoli, les amandes grillées, le porc, les noix de cajou, le lait, le soja et l’ananas.

Fausse bonne idée

La solution serait-elle alors de privilégier ces aliments pour s’immuniser ? C’est peu probable, et pas vraiment recommandé : si l’absorption d’un aliment déclenche une réaction immunitaire, c’est parce que… vous y êtes allergique. Cette « solution » n’en est donc, à ce stade, pas une, et les chercheurs n’envisagent pas ces agents comme un substitut aux vaccins actuels. D’autre part, des tests supplémentaires sont nécessaires pour confirmer que ces protéines confèrent bien une véritable protection et, le cas échéant, s’il s’agit d’une protection à court ou à long terme.

Source sur l’indépendant

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