C’est le probable dernier avis du Conseil scientifique, l’organisme de veille épidémique qui a guidé pendant deux ans et demi l’exécutif dans ses décisions sanitaires.

À la fin du mois, le Conseil scientifique doit être remplacé par un « Comité de veille des risques sanitaires ». Dans son dernier avis, intitulé, « Vivre avec les variants », le Conseil scientifique espère que l’immunité désormais acquise permettra « une protection croissante contre les formes graves du Covid-19″.

Cet avis, qui est probablement le dernier du Conseil scientifique COVID-19, n’a pas vocation à être un testament ni un retour d’expérience alors même que l’épidémie n’est pas terminée avec actuellement une recrudescence importante des cas liée au sous-variant Omicron BA.4/BA.5.

Selon l’organisme, l’épidémie « n’est pas terminée » et personne ne peut exclure, dans le futur, « l’émergence d’un variant X » plus résistant aux vaccins et suffisamment contagieux pour causer une « nouvelle vague épidémique ».

Il faut donc s’attendre à ce que les prochains variants émergents puissent être associés ou non à des formes cliniques sévères. Pour le variant Omicron, ce sont probablement ses propriétés biologiques particulières (deux voies d’entrée dans la cellule, tropisme pour les voies aériennes supérieures) qui expliquent sa contagiosité élevée et sa relative bénignité. Mais cette moindre sévérité du variant Omicron n’est pas un caractère évolutif inéluctable.

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À une échéance courte, voilà les scénarios avancés par le Conseil scientifique :

Scénario 1 : Une succession de vagues épidémiques liées à l’émergence de sous-variants d’Omicron, avec un retentissement hospitalier moins important comparé à celui des vagues liées aux VOC du début de la pandémie. C’est le scénario que nous observons actuellement avec la vague BA.4/BA.5. On ne peut pas cependant écarter que le processus « d’optimisation » d’Omicron ne s’accompagne d’une sévérité accrue d’un des prochains sous-variants. Le sous-variant actuellement source d’inquiétude est le BA.2.75 apparu en Inde, avec un avantage de transmissibilité par rapport au variant BA.2 déjà présent dans ce pays.

Scénario 2 : Une reprise saisonnière de la circulation d’un variant existant ou d’un variant antigéniquement proche d’un variant existant. Cette reprise épidémique à l’automne ou à l’hiver est attendue du fait de la baisse de l’immunité populationnelle avec le temps et de la plus grande transmissibilité des coronavirus en saison froide. Il n’est pas possible de prédire si un ou plusieurs variants circuleront, et quels variants seront concernés par cette reprise épidémique, la co-circulation dépendant de la contagiosité relative des variants, et de la protection immunitaire croisée existant entre les variants. On peut espérer que le retentissement hospitalier associé à cette reprise d’un variant déjà connu sera gérable du fait de l’immunité croisée existant entre les variants ayant jusqu’à présent circulé, même si cette immunité croisée est imparfaite.

Scénario 3 : L’émergence d’un variant X doté d’une capacité d’échappement immunitaire et d’une contagiosité suffisante pour être responsable d’une nouvelle vague épidémique. Cette émergence « réussie » pourrait survenir à tout moment, n’importe où dans le monde, avec une probabilité plus élevée dans les lieux où les mécanismes d’émergence sont les plus actifs : multiplication importante du virus, réservoir zoonotique, population immunodéprimée de grande taille. La sévérité des manifestations cliniques associées à ce nouveau variant est imprévisible, et peut aller vers une moindre ou une plus grande sévérité. Ce scénario a un niveau de probabilité relativement élevé.

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Enfin, cette période inédite de pandémie a mis en lumière les relations parfois complexes entre science et politique ainsi que le rôle de l’expertise pour l’aide à la décision. Le Conseil scientifique a été créé en urgence dans un contexte où il existe en France de nombreuses agences sanitaires qui ont un rôle important et reconnu. Ce modèle de conseil scientifique a été mis en œuvre dans plusieurs pays européens, avec des fonctionnements variés mais avec une vision partagée et une complémentarité par rapport aux agences sanitaires. Les scientifiques conseillent et les politiques décident, dans un contexte d’indépendance et de respect mutuel.

Par conséquent, le Conseil scientifique suggère la création d’un groupe de scientifiques de haut niveau pour éclairer le Président de la République et la Première ministre sur les avancées de la Science, et ce, indépendamment des crises.

Le Covid-19 a montré l’importance majeure que pouvaient avoir les informations et des conseils ou avis fondés sur l’état des connaissances scientifiques pour éclairer les décisions politiques. Face à ce type de défis collectifs, la science n’est pas une option. Cette période confirme aussi que le monde scientifique et le monde des décideurs politiques n’ont pas eu, jusqu’à présent, suffisamment de contacts réguliers.

Source sur l’indépendant

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