Conseil municipal fleuve jeudi soir à Narbonne, ponctué de nombreuses interventions des différentes composantes de l’opposition. Au programme, les recommandations comptables de la Cour régionale des Comptes et la présentation du débat d’orientation budgétaire… Mais aussi les chocolats des seniors qui, eux, n’étaient pas au menu.

On ne sait pas s’il y aura de la neige à Noël, mais on sait déjà qu’il n’y aura pas de chocolats pour les séniors. Le sujet, qui peut paraître anecdotique, s’est invité au conseil municipal hier soir. Nicolas Sainte-Cluque, de Narbonne en commun, s’est ému de la décision du maire d’annuler le marché, estimé entre 45 000 et 60 000 €, passé avec le fournisseur en raison de la crise sanitaire. « Une décision à contresens de ce qu’il convient de faire en cette période pour les personnes âgées, souvent isolées et loin de leurs proches » a-t-il jugé. Il a estimé que la Ville aurait dû se donner les moyens de faire cette distribution, via notamment les associations caritatives ou le CCAS. Pour Didier Mouly, qui a étudié plusieurs solutions, « il n’était pas possible d’assurer cette distribution dans les conditions optimales de sécurité sanitaire ». Il a assuré que « la somme de l’économie réalisée serait injectée dans le plan de relance 2 de la Ville ».

Autre sujet qui s’est imposé : l’usine Orano. Viviane Thivent, des Robines, a demandé à Didier Mouly, « qui se positionne comme un maire plus protecteur que l’Etat en fermant parcs et gymnases, d’agir pour demander une réunion d’urgence et plus de transparence à l’industriel, pour permettre à la Criirad de réaliser des mesures à l’intérieur du site ». Le maire n’a pas manqué de rappeler le souvenir douloureux d’un conseil municipal où toutes les parties étaient invitées à s’exprimer sur le projet TDNde l’usine et où « l’expression a été viciée ». Il lui a suggéré d’interpeller directement le Préfet et les parlementaires sur la question, en lui assurant « être prêt à l’accompagner », qualifiant de « mascarade » l’attitude de l’Etat.

Parmi les 38 points à l’ordre du jour, il y avait aussi les recommandations comptables du rapport de la Cour des Comptes. Les magistrats ont demandé à la collectivité de se mettre en conformité sur la dotation de provisions, en prévision des contentieux, et d’apurer les comptes d’immobilisation en cours. Mais ce ne sont pas ces lignes-là, un brin techniques, que les élus d’opposition ont retenues. C’est le constat détaillé (1) de la gestion de la Ville et le décryptage qu’en font les magistrats. La construction municipale de l’Arena, les (non) relations entre la Ville et le Grand Narbonne menant à « des actions concurrentes et non cohérentes », la rareté du foncier, la vacance commerciale, le refus du transfert de certaines compétences… Tous ces aspects sont ainsi méticuleusement analysés, dessinant en creux les choix politiques pleinement assumés par la mandature Mouly et la voix de Bertrand Malquier. Jean-François Daraud, Nicolas Sainte-Cluque, Viviane Thivent et Bruno Brehon savent eux aussi lire entre les lignes : ils ont tous soulevé ces mêmes points, unis. Une fois n’est pas coutume.

Débat d’orientation budgétaire : objectif stabilité

Le premier adjoint Bertrand Malquier a présenté le débat d’orientation budgétaire qui va s’inscrire dans un contexte économique particulièrement incertain en raison de la crise sanitaire. Il inaugure pourtant « un nouveau cycle » pour le second mandat. « On s’attend à un recul économique historique avec une baisse prévisible du PIBde 9 % » a-t-il déclaré en préambule.
Il a présenté une « situation budgétaire saine mais conjoncturellement dégradée en 2020 ». « L’épargne brute a augmenté de 66 %, elle devrait baisser de 28 %. Des efforts importants seront entrepris pour reconstruire une marge de manœuvre », détaille-t-il. L’encours de la dette progresse et a atteint son pic à 64,1 M€. « Il redescendra l’année prochaine, on repart dans un cycle de désendettement », assure-t-il. L’année a en effet été marquée par des investissements records.
La capacité de désendettement se dégrade sans atteindre le seuil d’alerte fixé à 10 ans. « Le travail de restructuration de la dette mené ces dernières années laisse entrevoir une baisse considérable des frais financiers » a-t-il précisé. Il a souligné « la fiscalité locale dynamique malgré des taux inchangés ».
Le premier adjoint a résumé la stratégie de la Ville : « garder la maîtrise de l’évolution des dépenses de fonctionnement, garantir une capacité de désendettement inférieure à 10 ans, entamer un cycle de désendettement, et ne pas augmenter les taux d’imposition ».
Les recettes de fonctionnement devraient atteindre 75,6 M€. Les dépenses réelles de fonctionnement sont estimées à 69 M€, avec la stabilisation des dépenses à caractère général et des autres charges de gestion courante et la maîtrise des dépenses de personnel.Les recettes augmenteraient de 3 % et les dépenses réelles de fonctionnement vont croître de 0,8 M€ permettant de « s’éloigner d’un effet ciseau », note Bertrand Malquier.
Côté personnel, le poste de dépense principal, on note le recrutement annoncé de policiers municipaux pour répondre aux enjeux de tranquillité publique et à la création d’une police de nuit, mais pas de « remplacement poste pour poste ».

(1) Un article complet sera consacré à ce rapport de 70 pages.

Source sur l’indépendant

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