Éric Mellet à Montredon, fait partie de ces maires défaits au premier tour, contraints de poursuivre leur mandat jusqu’à la réunion du nouveau conseil municipal, le 28 mai prochain. 

À une situation inédite, s’est rajoutée la gestion d’une crise. Si Eric Mellet, pompier professionnel et président d’une ONG se sent comme un poisson dans l’eau dans le feu de l’action, il se serait bien passé des événements de ces derniers mois. Défait lors de l’élection municipale du 15 mars, avec 35,2 % des voix seulement pour sa liste “Bien Vivre à Montredon” contre près de 64,8 % pour “Montredon à cœur”, il a poursuivi sa mission de maire, l’installation du nouveau conseil ayant été reporté à cause de la pandémie. 

Service Public jusqu’au bout des doigts

Pour Eric Mellet, poursuivre sa mission a été naturel : “Je suis Service Public jusqu’au bout des doigts. L’élection n’a rien changé, j’ai poursuivi ce que j’avais fait au cours de ce mandat”, même s’il reconnaît une grande fatigue due à la gestion de cette crise hors norme : “Quitter mon fauteuil de maire sera un soulagement et une libération, cette crise-là, personne ne l’a jamais vécue, on ne maîtrise pas la problématique, il est difficile d’expliquer à la population les précautions à prendre face à un danger non identifié”. 

La municipalité a œuvré seule face à la crise.  Nous avons manqué de tout, et il fallait agir dans l’urgence. Nous avons actionné le plan communal de sauvegarde, et décidé de l’organisation de la mise en sécurité de la population : application à grande échelle des gestes barrière, distanciation obligatoire, et commande de masques, dès les premiers quinze jours. Nous avons organisé les services à la personne avec les prises de commande dans nos magasins locaux suivies des livraisons”.  Ainsi une première commande auprès d’une société héraultaise a permis de doter les aînés de Montredon, les élus et les membres du CCAS. Puis une deuxième a doté les employés communaux et a alimenté le Sivom dont le siège est implanté sur la commune, en attendant les distributions après les commandes en grand nombre de l’agglo, du département et de la Région.

Décisions controversées

À Montredon, l’école, qui a accueilli des enfants de soignants n’a pas ouvert à nouveau. “Il manquait des enseignants, et c’était irréalisable dans le respect des règles sanitaires. Nous avons consulté les enseignants, les soignants et les parents d’élèves, et décidé qu’il ne fallait pas ouvrir pour 11 inscrits”. Une décision qui lui a valu de nombreuses critiques, comme celle de fermer les infrastructures d’activités de plein air jusqu’au 2 juin, terrains de tennis compris. Seule dérogation : la campagne de don du sang.  “Les gens ont du mal à comprendre les risques encourus. Les critiques ? Je ne m’en étonne pas, après une campagne loin d’avoir été propre. J’aurais aimé qu’ils gèrent la crise du Covid 19, qu’ils comprennent ce que c’est. La vision d’élu est valorisante, mais c’est dans les difficultés qu’on voit qui prend les bonnes décisions pour aider la population. L’élu doit être présent, tout le reste, c’est du flou ! “.

S’il se dit soulagé , libéré de cette pression publique, il se dit “fier de quitter la mairie en laissant des projets réalisés, d’autres sur des rails (freinés par des complications administratives comme le cabinet médical et les logements sociaux de La Résidence du Levant),  une situation financière saine et le sentiment du devoir accompli”.

Le maire de Montredon conserve donc son écharpe jusqu’au 28 mai,. Le jour de l’installation, le nouveau conseil verra attribuer 13 sièges sur 15 à la liste menée par Jean-Marc Jansana, vainqueur dès le premier tour. “La démocratie a parlé“, reconnaît Eric Mellet.

Source sur l’indépendant

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