À la veille des vacances scolaires, l’Indépendant est allé à la rencontre les hôteliers du centre-ville de Narbonne. Ceux-ci vivent une situation délicate, voire alarmante : les réservations ont terriblement chuté, et l’été s’annonce trop calme. 

Alors que le géant américain de réservation de voyages déconseille toujours aux étrangers de se rendre en France en raison des “restrictions liées à la pandémie de covid-19“, et ce malgré la réouverture des frontières. 

Magalie Azam, gérante de l’hôtel la Résidence, situé rue du 1er mai, assure que le secteur hôtelier est “gravement atteint” par les conséquences de la crise sanitaire. Certes, elle constate une “hausse des réservations depuis les dernières annonces gouvernementales” bien que leur nombre soit largement inférieur aux années précédentes : “On est loin de 50% de remplissage, alors qu’en période normale, nous sommes toujours entre 75 et 80%, voire plus en été“. Les aides du gouvernement ont permis de soutenir les gérants de l’hôtel, mais ils doivent trouver d’autres stratégies pour attirer la clientèle : “On joue un peu sur les tarifs, on doit aussi sous-classer certaines chambres“. 

Les touristes étrangers sont quasiment absents : “Il n’y a même pas 30% du total de réservations d’étrangers par rapport aux autres années“. Cette situation inédite permet difficilement d’avoir une vision à terme en ce qui concerne le secteur hôtelier. Une chose est sûre : les réservations concernent “des travailleurs, et quelques touristes, qui choisissent les chambres les moins chères“. Pas question toutefois pour Magalie d’être pessimiste : ” Si ça reste timide, il y a tout de même un petit changement depuis les annonces et l’ouverture des frontières. On va faire le dos rond, et espérer que ça aille mieux“. Elle ajoute : “Nous mettons tout en place pour veiller à l’hygiène et à la sécurité de nos clients, et nous avons aussi communiqué via les réseaux sociaux, afin de montrer à notre clientèle que nous sommes prêts à l’accueillir“. 

Sur le Boulevard du Général-de-Gaulle, l’hôtel-résidence du groupe Zénitude se trouve dans la même situation : “Il y a quelques réservations pour la fin juin, mais pour l’instant, l’été est très calme“. Ici aussi, il faut rester optimiste : “La situation peut se débloquer, notamment en dernière minute, s’il fait beau par exemple, mais il nous manque toujours les touristes espagnols, qui sont très nombreux“. Néanmoins, les tarifs sont bien plus bas que les étés précédents : “On s’adapte comme on peut“. 

Au C Boutique hôtel, situé rue Suffren, Cécile Eglessies, la gérante, partage le même constat : “C’est assez mou, surtout depuis cette semaine, et pour les semaines à venir“. Elle trouve une explication à ces réticences des touristes : “Les Espagnols ont failli revenir, mais le fait que la région Occitanie soit considérée comme à risques par les médias nationaux notamment n’aide pas“. Même si elle pratique, comme ses voisins, une baisse de ses tarifs, “les clients ont l’air d’avoir peur. Nous pratiquons des tarifs déraisonnables pour la saison, mais ça ne suffit pas“. En somme, le taux de reproduction (Ro) du virus, jugé trop élevé dans la région, a un impact plus grand sur le tourisme que le seul pouvoir d’achat des Français. Quant à Trip Advisor, Cécile annonce : “Je ne comprends pas que les clients se fient à ce site internet, pour qui le traitement des hébergeurs est déplorable !” 

Source sur l’indépendant

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici