Frappée par l’épidémie un peu avant la France, l’Espagne a confiné sa population une semaine avant les Français et devance aujourd’hui sa voisine sur certaines modalités du déconfinement. La plus visible et la plus attendue : l’ouverture des bars et des restaurants… et de leurs terrasses.

Un avant-goût. C’est ce qu’on espère devant ces promenades et ces places catalanes réinvesties par plusieurs terrasses de cafés et restaurants. Et quelques clients. Encore timides, encore empruntés devant cette liberté retrouvée mais visiblement heureux.

Des terrasses clairsemées mais ouvertes

Entrés majoritairement dans la Phase 1 de leur déconfinement, Espagnols et Catalans peuvent à nouveau se réunir en famille ou entre amis sans dépasser dix personnes et les commerçants peuvent rouvrir leurs établissements. Petits commerces non alimentaires, cafés et restaurants ont relevé le rideau. Ces derniers pouvant aussi ressortir leurs terrasses en capacité réduite. Car les règles établies par les autorités sont strictes et mesurables : 2 mètres minimum entre chaque table. Résultat : des terrasses effectivement « dédensifiées », réduites à 30 % ou 50 % de leur capacité. Une contrainte qui fait certes grimacer les intéressés, mais bien moins que lorsqu’ils étaient fermés. Ainsi Fernando, qui aligne tables et chaises sur le front de mer de Rosas : « Pour respecter les règles comme il faut, on est à 30 % de la terrasse habituelle mais les clients sont là, surtout le soir, on a été surpris mais ça n’a rien à voir avec avant ».

Et des salariés sur le carreau

Une reprise d’activité a minima donc qui laisse des salariés sur le carreau. « Ici normalement on est entre 12 et 15, aujourd’hui on est 4 », lâche Fernando, fataliste. Le Covid a jeté 4 millions d’Espagnols en chômage partiel, le gouvernement ayant interdit les licenciements pendant l’épidémie. Quelque 500 000 Catalans sont dans ce cas. La réussite du déconfinement est un enjeu vital pour le pays et la région à l’économie touristique aussi hypertrophiée qu’en Occitanie, plus de 10 % de la richesse intérieure. Cafetiers et restaurateurs se plient donc à ce manque à gagner qu’ils espèrent temporaire, et misent sur ce week-end de l’Ascension pour redémarrer en attendent un hypothétique eldorado estival. Ainsi, plaça San Pere, « on se prépare petit à petit, on nettoie pour être ouvert lundi avec 40 couverts, c’est la moitié qu’habituellement ». Même chose au Bajamar, où 8 tables et 16 couverts attendent les amateurs de paellas, spécialité de la maison. Le retour des terrasses remonte le moral des habitants croisés dans la station dont beaucoup, beaucoup de retraités français. A l’image de Gérard, 75 ans, qui revient d’une marche sur la plage, L’Indépendant à la main (ça ne s’invente pas). Un plaisir « interdit pendant plus de deux mois, comme faire du sport, soupire-t-il. C’était dur, on n’avait plus de restaurants ni de bars non plus ! Mais là ça y est, les terrasses sont ouvertes de nouveau ». Un avant-goût de demain.

Source sur l’indépendant

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