Le conseller Bernat Solé, ministre de la Generalitat de Catalogne des affaires extérieures, réagit à la décision du gouvernement de Jean Castex d’inciter les Français à ne pas se rendre en Catalogne. Si le gouvernement catalan “respecte” cette décision, il ne la “partage” pas eu égard aux précautions prises dans cette région fortement impactée par les chiffres du tourisme. 

Comment réagissez-vous en tant que ministre des affaires extérieures du gouvernement de Catalogne aux déclarations du premier ministre français Jean Castex à propos de la Catalogne? 

Bernat Solé : à  notre avis, il s’agit plutôt d’une recommandation formulée par l’État français. Nous la respectons. Certes, elle nous préoccupe, car elle risque d’avoir des retombées sur notre secteur touristique. D’ailleurs, la Catalogne n’est pas la seule concernée par ce message, cela touche en fin de compte également l’ensemble du territoire transfrontalier, donc les deux côtés de la frontière. C’est la raison pour laquelle nous sommes prêts à offrir toute notre collaboration afin de travailler ensemble dans un climat de confiance mutuelle. 

Mais, on peut comprendre que la situation en Catalogne explique peut-être la réaction de la France?

Nous respectons cette réaction. Comme nous respectons la décision de la Grande-Bretagne d’imposer une quarantaine aux voyageurs qui rentrent d’Espagne. Mais, on ne peut pas dire que nous la partageons. D’autant que le gouvernement de la Generalitat de Catalogne a pris des décisions difficiles -sans jamais perdre de vue qu’il fallait garantir la santé des citoyens-, qui nous ont conduits à des mesures de confinement dans la région du Segrià, puis dernièrement à restreindre la circulation des personnes dans la région métropolitaine de Barcelone. De fait, on peut presque dire que nous avons été des pionniers en Europe. Je pense que nous avons fait preuve de courage en prenant des mesures ciblées dont l’objectif a été de garantir avant tout la santé des populations dans le reste du pays. Nous avons imposé le port obligatoire du masque, par exemple. Or, on peut constater que cette mesure n’est guère généralisée en Europe… Il fallait agir avec raison et normalité. Nous sommes donc prêts à collaborer dans le but de minimiser le plus possible les répercussions sur le tourisme de masse. Mais il conviendrait que la France reconnaisse nos efforts et transmette un message de confiance, en partant du fait que le rebond du virus ne concerne pas l’ensemble de la Catalogne mais seulement deux foyers séparés, ceux que je viens de vous mentionner. Ce qui ne place pas toute la Catalogne en situation de gravité. Pas plus en tout cas, que pour d’autres régions d’Europe.  

Avec qui proposez-vous de collaborer?

Je pense aux pouvoirs publics, aux institutions. Nous souhaitons préserver la bonne collaboration que nous avons toujours entretenue avec l’État français.  Mais il faut transmettre un message de confiance aux Français, compte tenu du fait qu’en Catalogne la  gestion de la pandémie est menée de manière adéquate pour garantir la santé et la sécurité de tous, ce  qui devrait préserver les excellents rapports que nous avons dans tous les domaines avec la France, aussi bien au niveau commercial, social que culturel. Nous avons une frontière en commun, mais également de nombreux liens de toutes sortes. Or, nous tenons à les fortifier.    Nous n’oublions pas que le principal investisseur en Catalogne, c’est la France, qui absorbe  en outre 25% des exportations catalanes.

Dans l’immédiat, quelles actions le gouvernement catalan envisage-t-il de prendre pour combattre le virus?

Pour contrôler au mieux la situation, il faut être capable de fournir une réponse rapide, agile et radicale pour réagir au moindre rebond du virus.

Source sur l’indépendant

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici