Réalisés en moins grand nombre que lors des fêtes de fin d’année, au cours desquelles les laboratoires privés de biologie médicale des P.-O. ont pratiqué près de 13 000 tests en une semaine, les dépistages PCR révèlent aujourd’hui des résultats autrement inquiétants dans le département. Le taux de positivité est en effet passé d’une moyenne globale de 2% enregistrée fin décembre à 7% aux abords de cette mi-janvier.

L’accalmie épidémiologique calquée sur la trêve des confiseurs aura été de courte durée. Les laboratoires privés de biologie médicale des Pyrénées-Orientales, Biopole 66 qui vient de fusionner avec Le Laboratoire du Centre, et Medilab 66 déployé également dans l’Aude, le constatent au quotidien. Le taux de positivité des tests PCR remonte à nouveau inexorablement.

“Sur les deux départements, les résultats ne sont pas encourageants. Après un mois de décembre passé sur un plateau bas grâce au confinement de novembre, les contaminations repartent à la hausse”, confirme le docteur Jean-François Juan, président de Medilab 66 et responsable du site de Toulouges. Quelques chiffres à l’appui. Vendredi dernier où 2 242 tests ont été pratiqués dans les P.-O. et l’Aude, la positivité des cas a atteint 6,3% en pays catalan, avec des poussées à 10% et plus sur des quartiers de Perpignan comme dans certaines communes, pour 6,6% en terre audoise. Alors qu’un mois auparavant, la semaine du 13 décembre 2020, 7 876 dépistages avaient révélé 2,3% de contaminations au plan local et 1,8% dans le département voisin. Des pourcentages sans grosses variations encore avant le réveillon de Noël où le nombre total de tests effectués avait plafonné à près de 13 000, très précisément 12 942, pour une moyenne de cas positifs évaluée entre 2 et 3%.

“Les retombées de fêtes”

Or un relâchement s’est alors fait sentir et le taux a recommencé à grimper. Au nouvel an, il est déjà à 4,6%. Et depuis, il ne cesse d’augmenter. “Les retombées des fêtes !”, soupire Jean-François Juan selon qui le Covid-19 s’apprête à déferler pour la troisième fois en un an. Via sa souche classique ou ses variants de Grande-Bretagne ou d’Afrique du Sud ? “A la vitesse où le taux de positivité progresse, la seule question qui se pose c’est quand va-t-il atteindre un nouveau pic?” s’interroge le spécialiste. Convaincu que la mutation britannique récemment arrivée en France va “rapidement se substituer à l’ancien coronavirus, le variant étant bien plus contagieux que son prédécesseur.” 

La bonne nouvelle, pour rester optimiste, c’est que ce nouveau Covid-19 n’impacte pas la technique des tests PCR de laboratoires. “Nous ne sommes pas en mesure d’identifier le variant, l’analyse requiert un séquençage du génome qui n’est pas accessible à la routine, mais l’interrogatoire du patient nous oriente”, abonde le praticien. À la moindre suspicion, recommande depuis ce lundi 11 janvier l’Agence régionale de santé des P.-O., les souches impliquées doivent ainsi être adressées au Centre national de référence, le CNR Coronavirus, ou au laboratoire du CHU de Toulouse pour une exploration approfondie. La recherche permettra d’identifier le variant “qui mutera encore”, prédit Jean-François Juan, en espérant que les suivants n’affecteront pas plus la fiabilité des dépistages.

Source sur l’indépendant

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