Au cœur de la ville, sur la place de la République, nombreux sont les restaurateurs et cafetiers s’inquiétant de la généralisation du pass sanitaire annoncé par le président de la République le lundi 12 juillet, même si le flou persiste sur son application dans les restaurants.

“Nous devons aller vers la vaccination de tous les Français car c’est le seul chemin vers le retour à la vie normale “, a affirmé le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée le lundi 12 juillet. Pour y arriver, plusieurs mesures fortes, dont la généralisation du pass sanitaire. Celui-ci concerne dès le 21 juillet l’ensemble des “lieux de loisir et de culture” rassemblant plus de 50 personnes, mais bientôt aussi les bars, les restaurants et les terrasses, sans doute au début du mois d’août. Nombreux sont les restaurateurs et cafetiers à craindre cette mesure jugée “aberrante et ahurissante” par Matthias, le patron de bar-tabac l’Entre-Deux à Limoux. Même si “depuis le début je fais au mieux pour respecter les règles et de faire ce que l’on me demande“, assure-t-il, l’extension du pass sanitaire, soit l’obligation pour ce patron de contrôler sa clientèle, “est une mesure tout simplement impossible à mettre en place“. déplore-t-il. “Si je dois refuser les clients non vaccinés, je refuse 50 % de ma clientèle. Je perds donc 50 % de mon chiffre d’affaires“, ajoute Matthias indigné. Pour Simon Lacoste, le patron du Grand Café situé sur place de la République, l’extension du pass sanitaire n’est pas une surprise. “On s’y attendait un peu. Pour tout dire on n’est pas vraiment étonné”, dit-il. “Seulement, on a encore beaucoup de questions en suspens. Notamment celle relative au contrôle de la clientèle“, indique le restaurateur. 

Une crainte : le conflit avec des clients

On a surtout peur de devoir faire face à des gens réfractaires, ne souhaitant pas nous montrer le pass sanitaire et entrant directement en conflit avec nous ou nos équipes” nous confie Simon Lacoste. “Pour moi, ce sera la prison ou 45 000 euros d’amende “, s’énerve Matthias (une amende qui devrait être revue à la baisse, fixée à 1500 € le 19 juillet, Ndlr) , le patron du bar tabac l’Entre-Deux. Une chose est sûre, aucun ne souhaite mettre en danger la sécurité de ses employés. “Nous avons la licence IV donc nous servons de l’alcool. Je considère que mes salariés prennent assez de risque comme cela pour aller leur demander, en plus, d’aller refuser un client qui pourrait être éméché. C’est impensable “, assure Matthias. “Je tiens un bar tabac, je ne suis pas policier “, conclut-il fermement.

Pour Bernard, le patron du restaurant Le Concept, “c’est simple, il me semble qu’il s’agit là d’une réelle intrusion dans la vie privée des gens. Seulement, si l’élargissement du pass sanitaire m’oblige à contrôler mes clients, que voulez-vous que je fasse ? Je vais le faire“, déplore-t-il. Seulement “comment savoir et vérifier que l’on me montre un vrai pass sanitaire et pas un faux document ?”, s’interroge Bernard. Autant de questions laissées pour l’heure sans réponse, qui inquiètent grandement les cafetiers et restaurateurs de la Place de la République.

Source sur l’indépendant

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