Lilian Lefèvre, 25 ans, travaille avec son père au domaine familial de Taillesang, près d’Ouveillan. S’il reçoit le client directement sur l’exploitation en polyculture, il doit aussi composer avec la suppression provisoire de plusieurs marchés locaux.

Quand on prend la suite de son arrière-grand-père, de son grand-père et de son père, la passion se double d’un savoir-faire familial qu’on s’attache aussi à cultiver. « Mon père est toujours en activité », précise quand même Lilian Lefèvre. A 25 ans, ce dernier est cependant à la tête d’un tiers des 40 ha du domaine de Taillesang, près d’Ouveillan. Une exploitation riche en histoire qui a forcément bravé bien des tempêtes, et compte bien surmonter les conséquences momentanées de cette crise sanitaire.

La vente directe du producteur au consommateur fait partie de l’ADN de la famille Lefèvre, qui recevait déjà de la clientèle au domaine. « Je suis même en train de créer un magasin sur place, à la ferme, pour accueillir les gens dans de meilleures conditions », précise Lilian. Les travaux ne sont pas encore terminés, ce qui n’empêche pas les visiteurs d’affluer.

« Malgré le contexte, les clients viennent… voire un peu plus qu’avant. Comme nous sommes en périphérie d’Ouveillan ça leur fait une sortie, et ils se sentent moins exposés qu’en grande surface. Notre page Facebook prend aussi de l’ampleur, car ils ont davantage de temps pour la consulter. » Nombre d’amateurs savourent ainsi salade, mâche, fèves et bientôt pommes de terre, courgettes ou concombres : du goût, du vrai, vendu au juste prix.

Si cette fréquentation est forcément la bienvenue, Lilian et son père pâtissent néanmoins de la situation actuelle. En temps normal, le jeune homme écoule aussi sa production sur quatre marchés hebdomadaires à Ouveillan, Saint-Nazaire et Saint-Marcel : un seul persiste pour l’heure à Ouveillan, rouvert après « plusieurs fortes demandes ». « Les personnes qui se rendent au domaine ne compensent pas trois marchés en moins. Alors oui, il y a de la perte. On fait comme on peut, et on attend. » Mais certainement pas les bras croisés.

Lilian Lefèvre assure en effet également de la vente par correspondance avec livraison, un point relais ayant été mis en place avec l’association du marché de Saint-Nazaire. Il se réjouit aussi de voir tant de monde se tourner à présent vers les  circuits courts… tout en mesurant à quel point, décidément, nul n’est prophète en son pays. « Nous vendons des fruits et des légumes à Ouveillan depuis quatre générations, nous sommes présents au marché du village deux fois par semaine, et certains ignoraient encore que nous existions ! C’est très bien que le consommateur privilégie enfin les petits producteurs, mais j’espère qu’une fois le confinement terminé, il ne nous oubliera pas à nouveau. » 

Lilian, en tout cas, a bien l’intention de maintenir le lien : « Je vais décaler mes horaires sur le marché du mardi pour être présent jusqu’au soir, afin de permettre à ceux qui reprendront le boulot de me trouver à leur retour du travail ». Gageons qu’ils ne renonceront pas du sitôt à ce luxe trop souvent négligé : celui des saveurs authentiques à deux pas de chez soi.

Source sur l’indépendant

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