Spécialisée dans les sculptures en bonbons, l’entreprise les “Doux sœurs” met la clef sous la porte. Son activité axée sur l’événementiel est réduite à néant en raison du virus. Pourtant, impossible d’accéder aux aides de l’Etat puisque ce commerce est considéré “essentiel”. 

La fin de l’aventure professionnelle laisse un goût amer à Sonia Perez et Isabelle Pechaubes. Depuis 6 ans, leur entreprise les “Doux sœurs” s’était fait une place sucrée dans le paysage économique et sur la toile. Avec leurs sculptures de bonbons pour les mariages, les anniversaires, les avant-premières du cinéma CGR… les deux associées s’étaient forgé une réputation gourmande en région et au-delà. Or depuis le mois de mars et le 1er confinement, “nous avons 80 % de commandes en moins et nous touchons zéro salaire”, indique Sonia Perez. La dragée a d’autant plus de mal à passer car “nous n’avons pas droit aux aides de l’Etat puisque notre entreprise est répertoriée comme boulangerie, pâtisserie, confiserie”. Soit comme un commerce dit “essentiel” autorisé à travailler, “alors que dans les faits, nous ne le pouvons pas : nous ne sommes ni confiseurs ni chocolatiers, nous sommes créatrices en confiserie pour l’événementiel. Mais les bonbons ce n’est pas vraiment essentiel et notre travail n’est pas considéré comme un métier”.

“Nous n’avons plus droit à rien, pas même au chômage”

Le virus interdisant les rassemblements, les fêtes de Noël étant compromises dans les comités d’entreprise, les salles de cinéma ayant baissé le rideau… c’est la déconfiture pour les “Doux sœurs”. “On ne peut plus exercer notre activité mais ce n’est pas reconnu au plan administratif. Au 1er mois du confinement en mars, nous avons eu droit à un peu d’aides et nous n’avons pas craché dans la soupe. Mais depuis, c’est le cauchemar, nous n’avons plus droit à rien, pas même au chômage”, se désole Sonia Perez. Dès lors, impossible d’édulcorer la réalité : “Après trois ans d’activité en boutique et trois ans sur internet, alors que l’entreprise nous permettait de vivre et que l’activité marchait bien, nous serons obligées de fermer en janvier. Nous avons promis  à nos clients professionnels d’honorer les commandes pour les fêtes de fin d’année, mais cela ne représente que 10 % de notre activité habituelle. En effet, de grosses sociétés toulousaines que nous fournissions à Noël ont fermé leurs portes, d’autres ne fêteront pas Noël. On arrête donc notre activité car on est obligé, et c’est rageant”. 

“Nous espérons juste récupérer ce que nous avons investi”

“Quand l’épidémie sera derrière nous, notre entreprise pourra être reprise, on a un bon fichier clients, il y a un potentiel et ce sera super-intéressant. Mais avec mon associée, nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre. Même si des aides de l’Etat arrivaient maintenant, on ne pourrait pas passer le cap sans pouvoir travailler”. Les deux associées ont donc échangé leur casquette de chef d’entreprise contre celle de demandeur d’emploi. Dans ce contexte économique profondément bouleversé, Sonia Perez se demande comment elle pourra à nouveau concilier vie professionnelle et familiale, “car je m’occupe aussi de ma fille handicapée”. Elle veut cependant relativiser en estimant que tout compte fait,  cette mésaventure ne lui coûtera pas bonbon. “Dans notre malheur nous avons cette chance que l’entreprise n’avait ni dette ni emprunt. Nous espérons juste récupérer ce que nous avons investi dans la société. Et nous savons que d’autres vivent des situations pires que la nôtre, ils peuvent tout perdre, y compris leur maison”.

Source sur l’indépendant

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