Croix Rouge, Narbonne Solidaire… Les associations caritatives constatent une véritable explosion des aides : collations, repas, ou distributions de vêtements, auprès des démunis et des précaires, nouvelles victimes de la crise sanitaire et des confinements.

En janvier 2019, trois sans abri décédés en moins d’un mois sur Narbonne : trois SDF qui n’ont pas été victimes du froid ou de faim mais de la précarité.

Des gens pour la plupart en manque de soins, souvent malades et dont les pathologies se sont aggravées accélérées par des corps usés par la rue. “Une nouvelle précarité s’est installée”, constate Philippe Ader, le responsable de l’antenne de la Croix Rouge sur Narbonne. “Cette nouvelle précarité, ce sont des travailleurs pauvres, des personnes âgées avec de petites retraites et maintenant des intermittents du spectacle, de l’événementiel, qui ont besoin de compléments alimentaires. Des victimes de la crise économique et des confinements successifs”, précise Philippe Ader.

Trois fois plus d’actes
auprès des précaires 

Deux chiffres permettent de mesurer la situation actuelle, qui frappe de nombreuses personnes à Narbonne comme ailleurs sans aucun doute : “En  2020, nous avons réalisé pour l’année quelque 10 500 actes de rencontres (bien sûr au cours des mois plusieurs fois la même personne). Des actes de rencontres, c’est-à-dire, des distributions de nourriture, de collations, de vêtements chauds ou encore tout simplement du réconfort”, précise le responsable de la Croix Rouge. “Les années précédentes ces actes de rencontres s’élevaient à 3 500 sur une année. Rien qu’en mars et avril 2020, nous étions aux environs de 1 700 contacts”, remarque Philippe Ader.
Les victimes de la crise sanitaire, de la crise économique qui frappent déjà de nombreuses professions, sont les victimes des retombées du confinement… et attendent, dans l’ombre les passages de maraudes pour se nourrir, pour obtenir des complémentaires alimentaires, pour se vêtir chaudement.
“Il y a peu des gens réellement dans la rue, peut-être quatre ou cinq personnes sur la ville. Les plus démunis parviennent à se loger chez des amis grâce à la solidarité, à la Maison de l’Amitié, dans des hôtels, aux hébergements d’urgences du 115”, dit-il encore.

Quand le RSA est épuisé

“En début de mois nous sommes en contact avec 60 à 70 personnes démunis ou travailleurs précaires”, remarque Patrick Santamaria, le responsable de l’association Narbonne Solidaire. “Mais quelques jours avant la fin du mois, quand le RSA est épuisé, le nombre de nécessiteux augmente 80 à 100 personnes lors des maraudes”, précise-t-il.

Lui aussi constate un changement dans le profil de la population démunie. “Il y a toujours ce qu’on appelait les clochards, qui font le choix d’être en marge de la société et puis tous ceux qui tombent dans la précarité à cause d’un divorce, du chômage, d’une maladie… à travers des structures et d’un accompagnement, on parvient parfois à leur remettre le pied à l’étrier”, reprend Patrick Santamaria.
À la Maison de l’Amitié qui dispose de 20 places d’hébergement (16 pour les hommes et 4 pour les femmes) malgré le froid, le Covid, “nous ne sommes pas à flux tendu”, indique le responsable de la structure, Benoît Vachon.
Le réseau fonctionne bien et la Ville a amplifié les offres hébergement. ”Il y a toujours des irréductibles qui refusent des hébergements et certains s’installent dans des squats en périphérie”, précise-t-il. Mais lui aussi constate l’émergence d’une nouvelle précarité. La Maison de l’Amitié peut aussi augmenter sa capacité d’accueil en cas de grand froid. Le 115 reste un numéro de téléphone pour signaler des personnes en détresse.
La Croix Rouge effectue ses maraudes les lundis, mercredis et vendredis, quant à Narbonne Solidaire les maraudes sont réalisées les mardis, jeudis et dimanches en plus des restos-trottoirs les mardis.

Source sur l’indépendant

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