Le commissaire divisionnaire Guillaume Carabin revient sur l’activité de ses équipes durant le confinement. Il salue leur investissement.

Quelles premières mesures avez-vous dû prendre au début de la crise sanitaire ?

Guillaume Carabin, commissaire divisionnaire de Narbonne : ” En premier lieu, la réorganisation des services. Nous sommes passés en mode dit “dégradé”, mais le terme le plus juste serait mode “modifié”. Nous avons dû revoir les cycles de travail pour étanchéifier les équipes et faire que le moins de monde possible ne se croise dans les locaux du commissariat. Le but était clair : limiter au maximum le risque de propagation de l’épidémie.

Quelles ont été vos priorités pendant ce confinement ?

Déjà, de faire respecter le confinement pas le biais de contrôles routiers et pétions, jour et nuit. Il y a eu là, un vrai travail d’adaptation rapide, puisque le législateur et l’exécutif ont agi dans l’urgence. Ensuite, nous nous sommes recentrés sur nos missions prioritaires, à savoir les atteintes aux personnes et les violences intrafamiliales. Concernant le confinement, il a globalement été bien respecté à Narbonne. Mais nous avons procédé à plusieurs centaines de verbalisations. Un secteur a posé problème on peut dire, c’est l’hypercentre de Narbonne où des personnes continuaient à se réunir comme si de rien n’était. Notamment le soir et la nuit, malgré le couvre-feu. Les policiers ont donc procédé à des opérations de contrôle ciblées. Il faut noter, par ailleurs, la qualité du partenariat qui nous lie avec la police municipale et qui a très bien fonctionné. Tout comme le partenariat avec l’hôpital dont nous prenions la température régulièrement. Nous voulions savoir s’il existait des tensions à l’accueil, aux urgences ou au niveau du parking du plan Saint-Paul pour éventuellement intervenir…

Nous nous sommes recentrés sur les atteintes aux personnes

Les violences intrafamiliales ont-elles beaucoup augmenté ?

Au tout début, oui. On a d’abord pensé que ce phénomène s’inscrirait dans la durée. Finalement, ce ne fut qu’un épiphénomène. Ceci dit les violences en général sont restées à un niveau élevé, avec des bagarres, des violences entre voisins par exemple.

Et au niveau des atteintes aux biens ?

Elles ont baissé forcément. Peu de vols à la tire ou à la roulotte, peu de cambriolages, puisque les gens restaient chez eux. En définitive, nous avons vraiment dû nous concentrer sur les atteintes aux personnes.

Comment les fonctionnaires du commissariat de police de Narbonne ont-ils appréhendé leurs missions dans ce contexte si particulier ?

Dans un premier temps, je veux dire que notre souci était d’assurer la protection des personnels, car ils ont continué de rester en contact avec la population, que ce soit lors des contrôles ou lors des interventions directes. Tout de suite, nous avons bénéficié de masques. Nous avions des masques en stock et nous avons bénéficié de dotations. Nous avons eu des gants, du gel, des visières. Les équipes ont pu intervenir de façon convenable. Je tiens vraiment à souligner l’investissement sans faille des équipes. Tout le monde, au commissariat, a répondu présent. Le personnel s’est engagé avec détermination alors que les équipes ont eu à intervenir dans des foyers potentiels du virus et des policiers se sont fait cracher dessus ou menacer par des suspects qui revendiquaient être eux-mêmes infectés. J’ai noté un vrai souci de l’intérêt général de la part des policiers.

Nous avons résolu plusieurs belles affaires

Des policiers ont-ils été infectés par le Covid-19 ?

Une demi-douzaine de policiers narbonnais ont présenté des symptômes. Ils ont été placés en quatorzaine avant de reprendre le travail. Nous n’avons à déplorer aucun cas grave. En tout cas, pour l’heure, aucun des 130 éléments du commissariat n’a été testé positif.

Pendant ce confinement, l’activité judiciaire est-elle restée soutenue ?

Parfaitement. Nous avons résolu plusieurs belles affaires, des vols avec effraction ou des violences intrafamiliales, dont plusieurs dataient d’avant la crise sanitaire.

Actuellement, continuez-vous de recommander les préplaintes en ligne ?

Tout à fait, en matière d’atteinte aux biens seulement. Cela permet au public de prendre un rendez-vous et de ne pas attendre des heures dans le hall. “

Source sur l’indépendant

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