En raison de la crise sanitaire, les finances manquent pour permettre à Narbo’chats de mener les campagnes de stérilisation des chats errants. Une mission pourtant reconnue d’intérêt public.

Tandis que certains s’émeuvent du sort cruel réservé aux chats abandonnés, d’autres déplorent les nuisances dont ils sont la cause. Bruyantes bagarres nocturnes, jets d’urine malodorante… nos amis félins peuvent gâcher le quotidien des habitants si leur population n’est pas maîtrisée. D’où l’importance des associations comme Narbo’chats, qui œuvrent en partenariat avec les mairies pour stériliser les chats errants. Or, en temps de Covid, la mission des bénévoles est rendue plus complexe.

“On a perdu le travail de plusieurs années”

“Pendant le 1er confinement, on n’a pas pu travailler pour trapper les chats et les faire stériliser. Quelques bénévoles ont cependant bravé la règle pour récupérer des chats blessés ou des chatons frigorifiés. Nous avons également eu moins d’adoptions puisque les gens avaient peur de sortir. Les collectes de croquettes étaient impossibles et l’Arpan (Au refuge et pension des animaux du Narbonnais, NDLR), nous a dépannés. Par ailleurs, la subvention de la mairie (1) a été divisée par deux, ce qu’on peut comprendre en raison de la crise sanitaire”, détaillent Anna Gregorova, présidente de Narbo’Chats, et Sibylle Ariaudo, chargée de la gestion des chatons. Conséquence, le nombre de stérilisation étant en baisse, la quinzaine de familles d’accueil a fait face à une vague de naissances sans précédent cet été. “On a perdu le travail de plusieurs années et on doit repartir à zéro”, même si les adoptions ont sensiblement augmenté l’an passé. 

Autre effet de l’épidémie de Covid, “5 à 6 fois par jour nous recevons des demandes de particuliers qui ont recueilli des chats dans la rue, mais qui ne peuvent plus payer la stérilisation. La problématique des chats errants est ainsi liée à celle de la misère sociale, avec des riverains qui n’arrivent pas à se gérer. Ça s’est aggravé avec la crise sanitaire et il nous faut de l’aide”. 

Chaque habitant peut participer

Sil “n’existe pas de ville sans chats”, la mission des bénévoles a été reconnue d’intérêt public. Les félins “ne sont pas des animaux nuisibles” et il est inutile de les chasser “car d’autres arrivent pour repeupler les colonies”, rappelle Anna Gregorova. “Il vaut mieux stériliser les chats des rues et les sédentariser pour éviter leur prolifération, les nuisances, les maladies… Outre l’obligation de stériliser les chats, ces animaux doivent être relâchés sur leur lieu de vie. Car un chat sauvage qui n’a jamais connu l’homme ne peut pas être déplacé. Selon la loi, une fois stérilisés, ils obtiennent le statut de chat libre”.

Les propriétaires de chats sont les premiers engagés dans cette responsabilité et c’est bien sûr “à eux de faire stériliser leur animal de compagnie !”. Chaque riverain peut contribuer : “Si un habitant est gêné par un chat dans son jardin,  nous pouvons nous déplacer (on se faufile partout, dans les granges, les égouts…), et  mettre des cages à disposition. Il peut ainsi nous aider à la stérilisation”.

Des cas de maltraitance

Au-delà de la problématique de salubrité, la prolifération des chats errants soulève une question éthique. L’association Narbo’chats alerte sur la maltraitance et les conditions de vie des félins sauvages. “Les chats qui viennent de la rue sont des survivants qui ont dû se battre. Ils souffrent de nombreuses maladies et 85 % meurent avant l’âge d’un an… sur le domaine public, dans les parcs, dans les cités. Nous avons eu de nombreuses dénonciations et avons constaté beaucoup de cas de maltraitance dans les secteurs où il existe une forte concentration de chats. Certains sont tués dès la naissance, d’autres sont la cible de pistolets à plomb…”. Pourtant, avec l’implication des bénévoles dévoués et la volonté de tous, “il est possible de concilier la vie des hommes et la vie des chats, c’est une question d’équilibre”.

1 : les mairies ont en charge la stérilisation des chats errants.

Dons, bénévolat, local associatif… “chat” urge !

Confrontée aux effets de la crise sanitaire, l’association Narbo’chats a besoin d’aide pour assumer les indispensables campagnes de stérilisation. Les dons de croquettes, de couvertures… sont bienvenus. L’association étant reconnue d’intérêt public, les dons financiers peuvent être défiscalisés à hauteur de 60 %, y compris pour les entreprises. Les nouveaux bénévoles sont accueillis chaleureusement pour participer au biberonnage des chatons, devenir familles d’accueil, aider à la gestion administrative, au trappage des chats errants ou au transport chez le vétérinaire (suivant leurs disponibilités). 

L’association a désormais besoin en urgence d’un local pour abriter son activité en plein développement. L’appel est lancé aux particuliers et aux entreprises de Narbonne.  Contact : par téléphone au 07 69 60 95 48, par mail à  narbochats@gmail.com, et  sur la page Facebook de Narbo’chats. 

Source sur l’indépendant

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