Responsable commercial, à 54 ans, Florent décide de tout quitter pour enfin d’écouter et faire ce qui lui plaît vraiment : transmettre. Il n’hésite pas à retourner sur les bancs de l’école et se destine désormais à une nouvelle carrière en tant que formateur pour adultes.

Le fameux tournant à 180 degrés, qui chamboule une vie, Florent Serra, Perpignanais d’origine, a réussi à le prendre grâce au confinement. À 54 ans, ce responsable commercial a relevé le pari de tout quitter pour repartir sur les bancs de l’école. Ce fils d’agriculteur qui avait d’abord pensé s’engager dans la spécialité familiale, s’était en effet épris pour l’art de la vente et la relation clientèle.   

Pendant trente ans, il travaillera sans compter ses heures. Sans jamais s’arrêter. Sans jamais non plus vraiment se poser une quelconque question sur la vivacité de sa passion d’antan pour le métier. Pourtant, “trois ou quatre ans plus tôt, une idée latente s’est installée dans mon esprit. Celle de la transmission. J’ai toujours aimé avoir des stagiaires, les aiguiller, les conseiller, c’était pour moi un vrai plaisir“, explique Florent Serra.

À la fin de l’année 2019, d’un commun accord, il rompt son contrat avec son employeur. Au moment de pointer chez Pôle emploi, il n’est plus vraiment sûr de vouloir s’engager dans une nouvelle mission de responsable commercial. Florent Serra n’a finalement pas le temps de s’embourber dans les questionnements que le premier confinement est déclaré. “Pour la première fois de ma vie, j’ai pu prendre le temps et réfléchir à ce que je voulais vraiment. Le confinement a été pour moi un déclencheur. J’avais envie de social. Quand je rencontrais des stagiaires, je me rendais compte qu’il existait une différence entre ce qu’ils avaient appris à l’école et ce qu’attendaient les entreprises. Ce manque d’employabilité, on peut le combler“, assure-t-il.

J’ai la chance d’avoir le choix de cette reconversion

Le Perpignanais en est désormais certain, il souhaite devenir formateur pour adultes, spécialisé dans le commerce. Pour ce faire, il doit d’abord retourner sur les bancs de l’école. Il suit depuis octobre un Titre professionnel de formateur pour adultes à L’Académie Lax à Perpignan. Au mois de mars prochain, il sera prêt à se retrouver face à ses premiers élèves. Un changement de vie non sans conséquences puisqu’il devrait perdre 30 à 40% de son salaire mensuel. Mais Florent est très bien entouré. “J’ai la chance d’avoir le choix de cette reconversion, de pouvoir financièrement l’assumer et d’être soutenu par mon épouse. Pendant trente ans, j’ai travaillé pour payer les études supérieures de mes deux filles. Maintenant que c’est fait, je vais faire ce qui me fait plaisir même si je culpabilise un peu“, avoue-t-il. 

Donner ses premiers cours, un rêve que Florent Serra touche désormais du bout des doigts. 

Source sur l’indépendant

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