Signataire le dimanche 17 mai dernier d’une tribune partagée par 36 élus et maires de France, réclamant à l’unisson un “déconfinement démocratique” synonyme d’un second tour des élections municipales en juin, Jean-Marc Pujol n’a pas été convaincu par l’annonce “peu satisfaisante” du Premier ministre Edouard Philippe.

Le maire LR de Perpignan souhaitait un choix politique clair, net et précis. Tranché par le gouvernement. “Indiscutablement, on en est loin”, regrette Jean-Marc Pujol qui a entendu ce vendredi 22 mai les “lentes hésitations” de l’exécutif portées par le Premier ministre Edouard Philippe, lors de l’annonce de l’organisation “conditionnelle” du second tour du scrutin municipal ainsi programmé au dimanche 28 juin prochain.

“On avait besoin d’une certitude, je sais bien que l’Etat avait à choisir entre deux mauvaises options, le second tour en juin ou dans six mois en janvier, mais il a pris une troisième piste, celle de rester dans le trouble total et c’est la pire. Cette situation entre deux eaux n’est vraiment pas satisfaisante”, appuie l’édile, rappelant que la décision finale est encore suspendue à l’avis du Conseil scientifique qui se prononcera le 15 juin sur l’évolution de la crise sanitaire.

Une campagne dans les boîtes à lettres et par les réseaux sociaux

Si l’Hexagone connaît un effet rebond des contaminations au Covid-19, le vote sera annulé.
À moins de quinze jours, c’est désolant”, dénonce le maire de Perpignan. Si au contraire le déconfinement n’a pas de conséquence sur la pandémie, la consultation citoyenne sera maintenue. “Dans ce cas, elle s’effectuera dans des conditions de sécurité drastiques et j’ai bien évidemment anticipé, à Perpignan on est déjà prêt. On a des masques, des visières, les locaux seront désinfectés, aérés, on assurera la sécurité des opérations électorales”, promet-il.

Pour Jean-Marc Pujol, le problème est ailleurs. Dans la sincérité du scrutin. “Le discours d’Edouard Philippe na pas rassuré les gens, je pense donc que beaucoup d’électeurs n’iront pas aux urnes surtout qu’elles sont majoritairement installées dans des groupes scolaires et à Perpignan seulement 17 % des parents envoient leurs enfants à l’école. Parce qu’ils ont peur. Ce second tour ne sera pas serein. 

Cette appréhension générale, Jean-Marc Pujol personnellement la balaye. Sans pour autant être prêt à prendre le moindre risque.
Envers les trois cents bénévoles qui seront désignés pour la tenue des bureaux de vote, ou plutôt réquisitionnés” craint-il par manque de candidats. Envers également ses troupes en première ligne d’une campagne “limitée”,  inédite dans sa forme, mais qui doit désormais démarrer au plus vite. “Je vais continuer de faire mon travail de maire en essayant de faire passer les messages. On ne peut pas se rassembler, organiser des réunions de quartier, un débat c’est compliqué, on ne peut pas envisager du porte à porte distancé, ce serait indécent, on va s’adapter via des documents écrits distribués dans les boites à lettres et via les réseaux sociaux sur lesquels on est déjà présents”, s’organise le maire de Perpignan persuadé que l’épidémie n’aura pas changé la donne. Coronavirus ou pas, son adversaire à la ville “et je n’en ai qu’un depuis le début, c’est le Rassemblement national”.

Source sur l’indépendant

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