Hospitalisée sous oxygène en mars dernier à Perpignan pour un Covid-19 en phase aggravée, Carole Jouny, 55 ans, sombre à nouveau dans “l’enfer du coronavirus” depuis la fin octobre. Testée positive par dépistage nasopharyngé au printemps puis donc pour la seconde fois cet automne, la Perpignanaise avait perdu son immunité au SARS-CoV-2, selon les résultats d’une prise de sang réalisée en juin. 

À la lecture du témoignage de Kévin Alcaraz, jeune Catalan de 27 ans doublement atteint par le Covid-19 entre mars et octobre derniers, Carole Jouny a senti ses jambes la lâcher. Désespérée par sept mois d’une existence à l’isolement, partagée entre des séances de rééducation fonctionnelle et des examens médicaux, la Perpignanaise se croyait seule au monde. “Je suis dans l’angoisse permanente, et moi qui étais toujours pleine d’allant, en super forme, je suis vidée, molle, anéantie, j’enchaîne les tests, positif puis négatif et repositif, c’est infernal”, souffre la quinquagénaire, en mal de vie. Au point “d’avoir l’impression que le Covid est planqué derrière le yucca de la maison et qu’il m’encape“. 

Carole Jouny fait ce cauchemar depuis le 25 mars. Nous l’avions rencontrée en juin, trois mois après qu’elle ait contracté pour la première fois une forme grave du virus. “Je suis diminuée par une asthénie sévère, on dirait que j’ai 95 ans”, confiait-elle alors, au sortir d’une hospitalisation assortie d’une mise sous oxygène à raison de ” 5 litres jour et nuit pendant 72 heures”. À l’époque dès qu’elle rentre à la maison, constamment essoufflée, en prise à des douleurs thoraciques, “un étau sur la poitrine”, la vendeuse en prêt-à-porter forcée de mettre son métier entre parenthèses tente de se relever. Mais, “c’était impossible, surtout que j’ai commencé à faire des palpitations, de l’hyper ventilation, la descente aux enfers a continué.” 

“Les médecins m’ont délivré un traitement qui m’a évité de manquer d’oxygène la seconde fois”

Confinée dans une chambre à l’étage du domicile familial, elle sort uniquement pour aller chez le docteur. Une succession de médecins, de diagnostics. Sur prescriptions, Carole enchaîne pneumologue, cardiologue et analyses multiples jusqu’à entamer une “rééducation cardio-respiratoire en clinique spécialisée afin de réapprendre à respirer, à monter les escaliers, à tout simplement vivre“, dit-elle. Dans la foulée, elle réalise un bilan sérologique. “Les résultats se sont avérés négatifs au Covid, je n’avais plus d’immunité”. Physiologiquement guérie, malgré des séquelles aux poumons détectées par scanner thoracique, Carole Jouny reste malade dans son corps. Elle continue les soins de suite indispensables à sa lente convalescence et ajoute une aide psychologique pour lutter contre la peur du virus qui va pourtant la rattraper. L’angoisse atteint son paroxysme ce 24 octobre dernier.

“Je me suis levée en nage, oppressée, j’avais des douleurs affreuses au fond des yeux, dans les orbites, j’avais des courbatures insupportables, j’ai su tout de suite que le Covid m’avait à nouveau frappée.” Un test PCR nasopharyngé confirme ses doutes. Un autre, révèle une positivité récente chez son mari, Jacky. “Le centre médical que je consulte depuis plus de vingt ans, a été formidable, les médecins ont réagi immédiatement au vu des symptômes que je développais, ils m’ont mis sous antalgique codéïné et sous un antibiotique qui m’a permis cette fois d’éviter le manque d’oxygène ainsi que d’autres complications. Pareil pour mon époux.” Lui s’en sort avec de très légers signes cliniques, elle avec dix jours au lit à 39,6° de fièvre, des quintes de toux interminables, une fatigue infinie. “Ce coronavirus, je n’en verrais jamais le bout”, peine la Perpignanaise. Dans l’espoir de se rétablir mais dans la crainte aussi d’une troisième contamination. 

“L’avis médical : “Réinfection ou résurgence de la maladie, pour nous la prise en charge est identique”

Dans ce centre médical du sud de Perpignan où Carole Jouny a été prise en charge, les praticiens ont eu à traiter d’autres cas similaires. “Depuis le début de l’épidémie, nous avons quelques patients qui ont souffert de deux épisodes Covid mais, s’agit-il d’une résurgence de la maladie qui n’aurait pas été totalement guérie, autrement dit d’une réactivation de la première contamination, ou d’une réinfection par une souche différente, nous ne pouvons pas nous prononcer”, commente un des médecins généralistes.

En l’état des recherches scientifiques menées dans le monde entier par la société savante,“il existerait des indices montrant un petit pourcentage de réinfections au SARS-CoV-2”, mais les infectiologues, microbiologistes et autres immunologues poursuivent leurs investigations. En attendant des réponses génétiques plus concrètes, “pour nous médecins, dans l’une comme dans l’autre des hypothèses, la prise en charge des malades est identique”. 

Source sur l’indépendant

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