Au moment de l’apparition de SARS-CoV-2, à l’hiver 2019-2020, de nombreux infectiologues comptaient sur l’arrivée des beaux jours pour voir l’épidémie ralentir. Pourtant, contrairement à des virus saisonniers comme la grippe, celui responsable du Covid-19 continue de circuler lorsque les températures augmentent. Comment l’expliquer ?

Grippe, gastro-entérite, bronchiolite, varicelle… Les infections virales présentent souvent une certaine forme de saisonnalité. Du fait du caractère infectieux du SARS-CoV-2 responsable de la Covid-19, beaucoup comptaient sur l’été pour le voir disparaître. « Nous nous attendions en effet à la mise en place d’une saisonnalité qui n’est jamais arrivée « , nous explique le Pr Vincent Maréchal, virologue au Centre de Recherche Saint-Antoine (Inserm/Sorbonne université). « Nous en sommes désormais à la septième vague. Et au fil du temps, il n’y a pas vraiment eu de pause. Les dernières vagues se sont quasiment emboîtées les unes dans les autres. »

Ainsi, dès le début de l’été 2020, le virus est revenu. Idem en 2021. Et 2022 est d’ores et déjà marqué par une recrudescence massive du nombre de cas, « qui, au vu des niveaux de circulation dans les eaux usées, semble plus importante que lors de la deuxième vague de septembre – novembre 2020″, continue Vincent Maréchal.

Un cocktail de facteurs

Pour ce spécialiste, les facteurs qui déterminent la saisonnalité des infections virales respiratoires et leur impact sur la santé ne sont pas encore bien compris. Selon lui, «  une combinaison de plusieurs éléments peut expliquer la persistance du Covid « .

« Le virus se transmet par voies aériennes et cette transmissibilité est influencée par les températures et l’humidité de l’air « , rappelle-t-il. « Ainsi le SARS-CoV-2 préfère-t-il les conditions sèches et froides, entre 5 et 15°C. L’hiver y est donc plus favorable, du fait que l’on vit davantage en intérieur, on ventile moins… Mais cela ne signifie pas que la circulation s’arrête en été. »

Autre élément, la pollution atmosphérique. Il semble en effet qu’il y ait une « corrélation entre la sévérité des cas et les niveaux de pollution, comme les taux de particules fines, les taux d’ozone et de dioxyde d’azote dont l’impact sanitaire est plus visible l’été. »

Troisième facteur explicatif, « les changements de comportements des populations. Lesquelles se déplacent davantage en période estivale, favorisant la circulation du virus. L’été est également une période de convivialité, où les contacts sociaux – notamment chez les jeunes -sont fréquents. Sans oublier que lorsqu’il fait chaud, les gestes barrières tombent, à l’image du port du masque, plus difficile à supporter lorsque les températures sont élevées. »

Reste la question de l’immunité. Laquelle est apportée soit par la vaccination, soit après une contamination (c’est l’immunité naturelle). Mais cela ne protège pas à 100% de l’infection et n’empêche pas la transmission. Car plus que le rythme des saisons, c’est celui des variants qui semble dicter sa loi. L’arrivée récente de BA.4 et BA.5, particulièrement contagieux et capables d’échapper à la réponse immunitaire, relance l’épidémie. « Ils passent outre la barrière saisonnière et circulent plus facilement.« 

L’immunité « populationnelle » peine à se mettre en place, tout comme une éventuelle saisonnalité.

Source sur l’indépendant

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