Voilà des semaines, depuis octobre exactement, que la grande majorité des lycéens alternent distanciel et présentiel. Avec l’incertitude de ce que leur réserve l’avenir en fonction des fluctuations de la crise sanitaire. Les personnels de direction prônent une solution pour apporter un peu de visibilité à ceux qui préparent des épreuves du bac : décider sans attendre d’opter pour le contrôle continu. Précisions de Florent Martin, proviseur du lycée Bourquin à Argelès.

Ce serait comme un phare dans la tempête. Une perspective solide à laquelle s’amarrer quand tout autour chaque espoir d’ancrage part à la dérive quand on s’en approche. Comme cette échéance du 20 janvier, donnée comme horizon en octobre dernier par le ministre de l’Education nationale au moment où les lycées ont eu la possibilité d’opter pour un enseignement par demi-groupes… et qui recule de plus en plus. Depuis, une grande majorité d’élèves alternent entre lycée et domicile, où ils sont en autonomie puisque les enseignants, eux, assurent leurs cours à temps complet. Une simple “possibilité” offerte aux établissements, permettant à chaque proviseur de consulter et de décider en son âme et conscience de ce qui est le mieux pour ses élèves. Conséquence : une kyrielle de dispositifs variant de 100% de présentiel, jusqu’à 50 %, avec des solutions intermédiaires.

Ainsi, dans les Pyrénées-Orientales, deux établissements privés au moins, ont opté pour le statu quo, les élèves ont continué d’aller au lycée tous les jours. La grande majorité sont passés à une alternance à mi-temps, que ce soit au rythme quotidien ou hebdomadaire. Au lycée Christian-Bourquin d’Argelès-sur-Mer, sur les sections générales “on n’est jamais descendus à 50 %“, précise le chef d’établissement, qui a mis en place depuis la rentrée de janvier, une “reprise douce“, plafonnant aujourd’hui le distanciel à une journée par semaine. Objectif : un retour à 100% de présentiel pour tous dès lundi prochain. “Sauf si la situation se dégrade et qu’on a des instructions précises, qu’on appliquera“, assure Florent Martin.

On n’a rien à y perdre si on le décide maintenant

Mais l’Argelésien, également secrétaire d’académie de Montpellier du SPDEN (syndicat des personnels de direction), a fait son choix. Ce sera “présentiel pour tout le monde, tant que la situation le permet.” Ceci afin “de ne pas compromettre complètement l’année scolaire des élèves”, déjà bien entamée. “Les premiers examens sont prévus au 15 mars. Si on enlève les vacances de février, c’est demain. Or, de manière générale, le niveau de préparation des élèves n’est pas satisfaisant comme il devrait l’être. L’alternance est très impactante. Mais surtout, du fait de l’inégalité d’application d’un établissement à un autre (un gros lycée du Gard, ainsi, n’a jamais varié), on est face à une situation de rupture d’égalité des chances patente.” 

Voilà pourquoi le SPDEN a une revendication : “Mettre en place dès maintenant un contrôle continu pour cette année“, clame Florent Martin. Pour le proviseur, c’est le seul moyen de rassurer les élèves, et leur garantir un système non pénalisant. “On sait très bien le faire, et seul chaque enseignant est en mesure d’évaluer ce qu’il sait avoir pu assurer comme programme auprès de ses élèves.” L’idée est d'”éviter la situation de l’an dernier où on a laissé les élèves préparer un bac normal jusqu’au dernier moment” pour ensuite improviser un contrôle continu. Une certitude pour le syndicat : “On n’a rien à y perdre si on le décide maintenant.”

Source sur l’indépendant

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