La fièvre du Covid-19 dans les Pyrénées-Orientales ne retombe pas. Au 13 juillet dernier, le taux d’incidence chiffrait à 1 315 cas pour 100 000 habitants d’après les données de Covid Tracker. Conséquence, un taux local de positivité pour ce même jour qui a grimpé à 41,4% selon les laboratoires départementaux du groupe Inovie. Soit une moyenne de 899 nouvelles infections décelées au quotidien sur cette semaine, estime Santé Publique France. Au centre de dépistage de Saint-Cyprien, fraîchement aménagé dans le Mas des Capellans, touristes et autochtones ne se pressent pourtant pas pour réaliser un test RT-PCR.

Françoise pousse en toussant la porte du premier étage du Mas des Capellans de Saint-Cyprien. Au bout des flèches qui guident les visiteurs, un centre saisonnier de dépistage RT-PCR du groupe Inovie est ouvert depuis le 6 juillet dernier. Masquée, la septuagénaire ressent des symptômes depuis deux à trois jours. Fièvre, fatigue, courbatures, toux. « Toutes mes copines l’ont chopé et m’ont donc conseillé de venir me faire tester. J’habite Saint-Cyprien, je ne l’ai jamais eu, j’ai mes trois vaccinations mais sait-on jamais », s’interroge la riveraine venue prêter ses narines à l’écouvillon de prélèvement manié par une des techniciennes de Medilab affectées à ce laboratoire éphémère.

Hormis les enfants qui ont toujours très peur de cette longue tige insérée dans le nez, « certains adultes qui font un RT-PCR pour la première fois ne sont pas plus rassurés. Ils craignent que l’écouvillon ne monte jusqu’au cerveau », confie en souriant Elyse Eiebaert, responsable du site aménagé pour fonctionner a priori jusqu’à la fin août prochain. À l’attention des petits, elle a d’ailleurs affiché un Spiderman, une princesse et un maître Yoda en train d’être dépistés. Et une fois l’acte réalisé, elle remet à tous les mini-héros un diplôme de courage dont ils repartent fièrement dotés 

François, 48 ans, orthoprothésiste à Saint-Cyprien, n’en aura pas ! « Je suis positif depuis le lundi 4 juillet, j’avais dû aller au centre des Archers du parc des expositions de Perpignan pour être testé. Aujourd’hui, c’est plus pratique, je le fais sur place et j’espère être négatif », témoigne le résident qui a contracté l’Omicron. « En avril dernier j’ai eu le Delta sous une forme beaucoup plus sévère, cette fois j’ai moins chargé », concède le patient vacciné à trois doses. À l’inverse de Dany, 31 ans, encore un Cyprianais mais qui, lui, a échappé au Covid pendant deux ans. « Je ne l’ai jamais eu, je ne suis pas vacciné mais je viens de le contracter, il fallait bien que cela arrive un jour. Heureusement, il y a maintenant ce centre sur place et c’est super », se réjouit-il en présentant sa carte vitale et sa pièce d’identité à la secrétaire, des documents indispensables à l’enregistrement des personnes.

On voit bien que l’épidémie rebondit à fond

Derrière le trentenaire, un Canétois râleur. « J’ai été contaminé la semaine dernière, je pense que c’est passé pour moi, je ne l’ai plus. En tout cas, c’est une galère de venir de Canet. Pourquoi il n’existe pas un site comme celui-là, sans rendez-vous, dans chaque station balnéaire », grogne Christophe, 31 ans.

Les candidats au dépistage se suivent et ne se ressemblent pas. « Depuis une semaine, on a essentiellement des touristes et nombreux sont ceux qui ne présentent aucun symptôme, ils veulent plutôt se rassurer », constate Elyse Eiebaert. Sans oublier toutefois la majorité des visiteurs qui se découvrent positifs quelques heures plus tard, à la réception des résultats. « On ne tourne pas encore à plein régime, les gens ne savent pas vraiment qu’on est aux Capellans, on opère une cinquantaine de prélèvements journaliers pour l’instant, mais on voit bien que l’épidémie rebondit », analyse la responsable qui œuvre en collaboration avec une autre préleveuse, une secrétaire et une régulatrice. Une équipe qui s’adapte ainsi à l’âge des demandeurs mais également à leur condition physique. « Pour les personnes qui ont des difficultés à se déplacer, on sort des box et on descend les dépister dehors », proposent gentiment les laborantines de Medilab. Cent pour cent actives et efficaces dans la lutte contre la nouvelle flambée du virus. 

41,40% de cas positifs ce 13 juillet, le pic ne serait pas encore atteint

Le variant BA.5 d’Omicron n’en finit plus de se propager. La preuve avec le taux d’incidence passé dans les Pyrénées-Orientales de 1 097 cas pour 100 000 habitants le mardi 5 juillet dernier à 1 315 cas ce 13 juillet. Pire, le taux de positivité. Il était alors de 33,9%, il est monté en sept jours  » à 41,40% « , a enregistré le docteur Valérie Estrade du laboratoire de biologie médicale Medilab du groupe Inovie.

Si la tension hospitalière ne souffre heureusement pas encore de cette septième vague, cent-vingt cinq patients Covid étaient toutefois hospitalisés à la veille du 14 juillet à Perpignan, tandis que neuf ont été admis, treize sont sortis, onze ont pu regagner leur domicile et deux sont décédés, selon les données du site Covid Tracker qui relève par ailleurs la présence de cinq malades en réanimation.

Enfin, toujours d’après cette plateforme statistique, les Pyrénées-Orientales détectent une moyenne de 899 cas positifs au quotidien. Un chiffre énorme pour un risque très élevé. La prudence et les gestes barrières s’imposent. 

Source sur l’indépendant

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