Nina Irrmann, native de Céret, est à la tête d’une boîte de communication implantée à Montpellier au succès fulgurant. Mais en 2020, la culture se retrouve totalement à l’arrêt. En attendant que les artistes retrouvent le chemin des salles de concert, Nina et son associée Laura ont dû totalement se réinventer. 

Une entreprise en pleine expansion, un carnet d’adresses qui ne cesse de gonfler, un chiffre d’affaires confortable… Nina Irrmann et son associée Laura Bris nageaient dans le bonheur entrepreneurial. Les fondatrices de la boîte de communication Suzette, implantée à Montpellier, sont spécialisées dans la promotion des tournées des artistes et des festivals. Lomepal, Romeo Elvis, Bilal Hassani, Therapie Taxi, Bigflo et Oli mais aussi les événements Garorock, Les Déferlantes ou Live au Campo sont des clients du binôme. “Très franchement, on se rendait compte que ça marchait bien pour nous. On était super contentes, surtout qu’on est deux jeunes nanas ; nous ne sommes pas des séniors de la communication. On trinquait tous les soirs (Rires)“, avoue Nina, native de Céret et ayant grandi à Reynes.

Seulement voilà, l’ascension fulgurante est stoppée nette quand, en mars 2020, le gouvernement interdit les rassemblements de plus de 5 000 personnes puis réduit encore la jauge à 1 000 spectateurs. Arrêt total. De mars à juin, les seules missions de la Catalane et de son associée consistent à envoyer des communiqués de presse afin d’annoncer l’annulation des événements. Les uns après les autres. “Là, c’était l’angoisse. Nous avons tout de même eu de la chance car, malgré ces reports, les différents organisateurs nous ont payé une partie des contrats que nous avions passés, alors que les rendez-vous n’avaient pas lieu“, précise Nina.

Je faisais les boutiques et en voyant un local dont le bail était à céder, j’ai foncé

Mais malgré l’entraide dans la profession, le fonds de solidarité de 1500 € par mois pour l’entreprise et le Prêt garanti par l’Etat, les deux trentenaires ne s’en sortent plus. Le gouffre financier est toujours plus profond mais elles refusent tout de même de faire une croix sur Suzette, cette société qu’elles font grandir depuis 2015. “En discutant avec ma mère, elle m’a demandé si je n’aimerais pas ouvrir un commerce en attendant que tout reprenne. Je m’étais dit pourquoi pas. En août dernier, je fais les boutiques avec elle à Montpellier et on passe devant un local très beau dont le bail était à céder. J’ai foncé. C’est mon côté Bélier“, raconte Nina.

Une décision prise sur un coup de tête qui donnera quelques sueurs froides à son associée Laura. Finalement, Le monde de Suzette est inauguré au mois de décembre et devient la vitrine des œuvres de deux artistes de Reynes… les parents de Nina ! “J’ai toujours fait la promotion des autres alors, pour une fois, je fais celle de ma famille (Rires)”, ironise la Catalane. 

Nina l’assure, pour elle, cette année 2020 aura été l’occasion de se réinventer. Sans le confinement, jamais la Catalane n’aurait pu découvrir cette nouvelle activité. Aujourd’hui, elle espère concilier ces deux affaires… Suzette et son monde. 

Source sur l’indépendant

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