Le chef du service des maladies tropicales et infectieuses de l’hôpital de Perpignan, Hugues Aumaître, appelle résidents et vacanciers à réagir face au rebond des cas de coronavirus depuis deux semaines dans le département. Contaminés qui ne respectent pas la quatorzaine, port du masque négligé : autant d’attitudes qu’il convient selon le médecin de changer au plus vite pour éviter que la situation ne dégénère. 

Depuis le début de la semaine, le chef du service des maladies tropicales et infectieuses de l’hôpital de Perpignan, Hugues Aumaître, voit les courbes devenir exponentielles. Entre le 13 et le 19 juillet, selon le site internet institutionnel Santé publique France, les laboratoires du département comptabilisaient seulement quatre personnes positives à la Covid. Alors que sur les deux dernières semaines, Hugues Aumaître estime le nombre total de cas décelés dans les Pyrénées-Orientales à une quarantaine. Et la situation ne semble pas aller en s’améliorant. Ces derniers jours, le nombre de cas positifs en pays catalan flirterait au quotidien avec la dizaine…

“La moitié des contaminés sont des habitants des Pyrénées-Orientales et l’autre moitié sont des touristes, détaille le médecin. On a eu des cas à Perpignan, mais aussi un peu partout dans le département.”

Quatorzaines brisées

Par ailleurs, la plupart des nouveaux contaminés seraient “relativement jeunes”. Et nombre d’entre eux auraient eu récemment “un contact avec l’Espagne”. “Les personnes âgées, qui sont à risque, se cachent. C’est pourquoi nous avons un faible taux d’hospitalisation, analyse Hugues Aumaître. Ce vendredi matin, nous n’avons par exemple plus aucun cas de Covid en réanimation et un seul cas suspect est hospitalisé.” 

Selon les derniers chiffres disponibles sur le site de Santé publique France (datant du 27 juillet dernier), 0,5 % des tests se révèlent positifs dans le département. Hélas, la gestion des contaminés s’avère complexe. “On leur demande de s’isoler pendant quinze jours et au moins deux jours après les derniers symptômes s’ils en ont, résume Hugues Aumaître. Mais la plupart des touristes veulent rentrer s’isoler chez eux. Et les habitants des Pyrénées-Orientales testés positifs ne respectent pas forcément leur confinement. On a aussi des cas contact suspectés qui refusent de s’isoler en attendant le résultat du test.” 

Il est temps de réagir

Les campings du pays catalan, dans lesquels “sept ou huit cas” ont été décelés depuis le début de la saison, font également l’objet d’une surveillance particulière : “Les vacanciers contaminés acceptent que les patrons de camping soient mis au courant. C’est important car ça nous permet de mener des enquêtes afin de remonter la chaîne de transmission. Jusqu’ici, tout s’est bien passé. Nous n’avons eu aucun cluster dans les campings.” 

Si le nombre de contaminations repart à la hausse, la situation n’est pas encore critique. Cependant, selon Hugues Aumaître, il est grand temps de redoubler de vigilance pour ne pas que l’épidémie reprenne trop de vigueur. “Pour l’instant, nous ne sommes pas un département vulnérable, mais nous pourrions le devenir, notamment du fait de la présence de nombreux touristes”, appréhende le docteur, qui estime à plus de 300 000 le nombre de campeurs actuellement présents dans le département. Mettre le masque correctement (avec le nez couvert) dans les lieux clos, respecter les distances de sécurité, se laver les mains fréquemment : les consignes n’ont pas changé. Mais selon le professionnel de santé, il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de les respecter à la lettre et de se faire dépister si l’on a pris des risques (apéros sur des terrasses bondées, virée en Espagne, etc.). Que l’on soit résident ou vacancier. Et que l’on soit jeune ou plus âgé.  

“Être sûre pour pouvoir serrer de nouveau ma fille dans mes bras”

En ce vendredi matin, Marine, une jeune maman canétoise de 25 ans, a du mal à dissimuler son inquiétude. À la suite d’un épisode de fièvre suspect, elle est venue se faire dépister au centre Covid “Coronambu” de l’hôpital de Perpignan. “Depuis lundi, je suis fatiguée, j’ai de la fièvre et je ressens les symptômes du coronavirus, se soucie-t-elle. Aujourd’hui, les symptômes sont moins forts. Mais je préfère quand même me faire tester. D’autant plus que ma fille est asthmatique. Je veux être sûre de ne pas être contaminée pour pouvoir la serrer à nouveau dans mes bras.”  

En plus des tests naso-pharyngés, le centre est entre autres équipé de saturomètres (pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang). Les deux médecins qui y officient proposent également des consultations spécifiques. “Le but du jeu est de prendre en charge, d’évaluer et d’orienter chacun vers les secteurs adaptés ou de les renvoyer à la maison s’ils n’ont rien de grave”, résume l’infirmière cadre de la structure. Les patients testés ici sont généralement envoyés par leur médecin traitant ou le 15. Mais les personnes présentant des symptômes suspects peuvent également avoir accès au centre sans rendez-vous. Ouvert du lundi au samedi, le centre accueille ces temps-ci une douzaine de personnes par jour. 

Source sur l’indépendant

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