L’incertitude reste de mise sur la réouverture des lycées. Mais la date du 2 juin, évoquée par le gouvernement, est dans tous les esprits. Et notamment dans ceux des élèves de première, qui oscillent entre interrogations sanitaires et envie de pouvoir mieux se préparer à l’oral de français, qui pourrait être maintenu. Témoignages. 

Avant même la confirmation du ministre, de nombreux lycées ont commencé à sonder leurs élèves pour savoir qui serait volontaire pour reprendre les cours le 2 juin. Il faut dire que l’échéance se rapproche. Même si l’incertitude demeure.

Une situation floue dont les lycéens doivent tant bien que mal s’accommoder. “On attend le discours du Premier ministre (dans le courant de la semaine prochaine, NDLR) pour être fixés, lance Léo Tixador, élève de première au lycée Arago, de Perpignan. Personnellement, je serai volontaire pour y retourner. Beaucoup d’élèves de première sont dans le même état d’esprit. Récemment, le proviseur a annoncé lors d’un live sur Snapchat qu’en cas de reprise, nous aurions essentiellement des cours de français pour nous préparer à l’oral, s’il est maintenu.”

Je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’il y a un risque 

Le proviseur d’Arago a également évoqué lors du live en question des cours spécifiques pour les terminales envoyés au rattrapage, afin de leur permettre de se consolider dans les matières qu’ils comptent repasser.    

Agathe De Clercq, pour sa part scolarisée à Maillol, au nord de la ville, compte également reprendre le chemin des cours si le ministère donne son feu vert. Mais cela ne l’empêche pas d’être inquiète. “C’est compliqué, estime-t-elle. D’un côté, j’ai très envie de retourner en cours et de l’autre, je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’il y a un risque. Je vais y aller. Mais, étant asthmatique, si je vois que les gestes barrières ne sont pas respectés, je ne pourrai pas rester…” 

Oral de français : les élèves partagés

Ce que les lycéens pensent d’un éventuel maintien de l’oral de français, considéré par beaucoup comme le “sujet brûlant” de cette fin d’année scolaire ? “En termes de distanciation, ça me paraît faisable en dispatchant les oraux dans plusieurs salles disséminées dans le lycée, répond Léo. Nous avons été préparés à l’examen tout au long de l’année et il peut nous permettre de gagner des points. Par contre, il est vrai que nous n’avons pas eu d’oral blanc.”

Agathe ne voit pas non plus de contre-indications sanitaires à la tenue de l’oral : “Si on porte tous un masque et qu’on n’est pas plus de trois par salle, je ne vois pas le problème.” Par contre, la lycéenne craint que l’examen reflète les inégalités qui se sont creusées avec le confinement. “Moi, j’ai eu un prof qui nous a beaucoup fait travailler. Quand le confinement a débuté, il ne nous manquait qu’un texte sur quinze à étudier. Je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde.”  

Ce qu’en disent les profs et les proviseurs

Le secrétaire départemental du syndicat des personnels de direction de l’Unsa, Florent Martin, met l’accent sur le peu de temps qu’auraient les lycées pour se retourner si une reprise le 2 mai est confirmée la semaine prochaine. “Cela paraît difficile d’organiser l’accueil des élèves et l’application du protocole sanitaire en quatre jours, juge-t-il. Concernant le bac de français, nous pensons que le maintenir ne ferait qu’accroître encore les inégalités déjà accentuées par le confinement. Il nous semble que l’oral de français devrait être ajourné et remplacé par une note issue du contrôle continu.”

Concernant l’oral de français, le Snes-FSU est, malgré son opposition de principe au bac en contrôle continu, sur la même longueur d’onde que l’Unsa. “A circonstances exceptionnelles, mesure exceptionnelle”, résume le secrétaire départemental du syndicat d’enseignants, Marc Moliner. Pour ce qui est d’une éventuelle reprise le 2 juin, le Snes se veut sévère. “C’est du grand n’importe quoi, fustige Marc Moliner. Pour respecter le protocole sanitaire, il faudrait diviser les classes en trois et faire venir chaque groupe à tour de rôle. Chaque lycéen n’aurait finalement cours qu’une semaine d’ici la fin de l’année. Au niveau pédagogique, cela n’a aucun intérêt.”

Source sur l’indépendant

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