Yvan Auguet, nouveau président de l’université depuis le 1er décembre 2020, dresse les perspectives qui se dessinent à l’heure de la crise de la Covid-19 qui impacte particulièrement la vie des étudiants. Entretien. 

Les étudiants de l’UPVD suivent les cours depuis novembre en distanciel. Combien de temps cela va-t-il encore durer ?

Tout ce qui touche au niveau académique est dicté par des dispositifs et des circulaires du rectorat. Nous comprenons, qu’à la vue de la crise sanitaire, on est dans une politique au fil de l’eau avec une visibilité à 15 jours. C’est bien difficile de se projeter au-delà de ça. Nous savons qu’un nouveau texte est en préparation pour l’organisation du second semestre. Je ne désespère pas, qu’au cours du second semestre, nous puissions sortir de cette fin de deuxième vague, pour reprendre les cours en présentiel. Mais pour l’heure, nous manquons de visibilité. 

Il demeure qu’il est possible de faire des cours sur site ?

Il y a plusieurs cas de figure. Concrètement sur les enseignements, on peut mettre en place des travaux pratiques en présentiel. Pour les travaux dirigés, on peut imaginer la même configuration qu’au lycée mais les textes ne le permettent pas pour l’heure. On est dans l’attente de l’évolution du dispositif académique mais il paraît difficile de reprendre les cours magistraux. On ne devrait pas dépasser 25 étudiants pour un amphithéâtre de 100 places, cela complique sérieusement les choses. 

Trouver des solutions concrètes pour les étudiants en difficulté

Peut-on dire que cette nouvelle approche, rendue obligatoire face à la pandémie, accroît le décrochage d’étudiants ?

C’est un sujet que nous prenons au sérieux. Nous aurons prochainement les statistiques sur la présence des étudiants aux examens et leurs résultats. On aura alors un indicateur sur un décrochage réel ou supposé. J’entends ce discours qui doit avoir sa part de vérité. Face à cela, on s’occupe de la mise en place de tutorats spécifiques pour les étudiants en difficulté. Il s’agit de déterminer quels sont les étudiants à prioriser et de mettre en place des groupes, en présentiel, de dix. 

Que fait l’université face à ce sentiment d’une hausse de la précarité des étudiants ?

À notre mesure, on essaye de développer les dispositifs de soutien. Certains sont efficaces. On a pu ainsi lutter contre la précarité numérique en équipant des étudiants d’ordinateurs portables ou de clés 4G. On a créé des lieux tiers pour les étudiants qui auraient des difficultés à travailler chez eux. Nous avons développé tout un service de soutien sanitaire et psychologique en faisant appel notamment à la médecine libérale. Le curseur de l’université s’est déplacé clairement vers ce soutien psychologique, social et financier pour les étudiants dans ces moments difficiles. C’est tout à fait naturel. 

Il nous manque 5,7 millions  

Au-delà de la crise que l’université doit gérer, comment appréhendez-vous les premières semaines de cette prise de fonction ?

La transition avec la précédente équipe s’est bien passée. Nous avons pu échanger sur les dossiers en cours. Nous finalisons maintenant les équipes. Je veux marquer certains points comme celui de la vie étudiante. C’était un point d’attention que l’on a découvert pendant la campagne. Nous aurons des actions concrètes notamment sur le champ de la culture. 

Quel sera l’enjeu fort qui se présentera à vous ces prochains mois ?

La question centrale, le moteur, reste les moyens. La réalité, c’est que notre subvention pour charge de service publique, soit 77 % de nos recettes, est en deçà de la moyenne des établissements de la même catégorie. Il manque clairement 5,7 millions d’euros, c’est colossal, et il est essentiel d’attirer l’attention sur ce point. Car c’est une condition pour assurer sereinement nos activités et mener nos actions pour le territoire. 

Des projets de formation pour l’antenne de Narbonne

Interrogé sur le développement à venir des différentes antennes de l’UPVD (Narbonne, Carcassonne, Mende, Font-Romeu), Yvan Auguet confirme “deux projets de développement de formations. L’un concerne un parcours de licence pro en immobilier-rénovation thermique des bâtiments. C’est clairement une priorité de l’Etat et de la Région. Nous avons l’espoir d’ouvrir ce diplôme national le plus tôt possible. Nous avons ensuite un projet de diplôme universitaire sur les métiers de la sécurité. Ensuite sur le campus même de Narbonne, nous avons le souhait de sécuriser le site et de développer de nouveaux services pour les étudiants. Concernant Carcassonne, nous avons un projet, qui est un peu à l’arrêt, de remettre les activités universitaires dans le cœur de ville. Je rencontrerai le maire d’ici quelques semaines pour discuter de cela et régler ce problème d’isolement”

Campus Mailly : “difficile d’imaginer une rentrée complète en septembre 2021”

Les retards pris sur le chantier de la 2e phase du campus Mailly, visant à l’installation des 1 500 étudiants de droit dans le centre-ville de Perpignan, ne devraient pas permettre de respecter le calendrier initial prévoyant une rentrée en septembre 2021. Le président Yvan Auguet confirme. “Nous misons sur l’année 2022, soit en cours d’année, soit pour la rentrée de septembre. La bonne nouvelle, c’est qu’il y aura bien une annexe de restauration scolaire. C’était une demande légitime des étudiants. Elle se trouvera dans l’aile gauche du couvent Saint-Sauveur sur deux niveaux. Cela sera un restaurant universitaire et un lieu de repos. Nous espérons qu’il sera opérationnel avec la fin de cette seconde phase de travaux. 

Source sur l’indépendant

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