Après le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy mardi matin, la commission d’enquête sénatoriale auditionnait mardi après-midi le directeur de l’institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille. Le professeur Raoult a expliqué que “la perte d’espérance de vie” liée à l’épidémie était “mineure”. Il est également revenu sur les débats autour de l’utilisation de l’hydroxychloroquine pour traiter les malades du coronavirus, relevant pour lui d’une “folie mondiale”. 

“Ce n’est pas moi qui affole les populations, il n’y a pas vraiment besoin d’être affolé”, a estimé le professeur Raoult mardi 15 septembre devant la commission d’enquête sénatoriale sur la gestion de la crise sanitaire du Covid-19. “Je vous conseille de regarder les données de l’Ined (Institut national d’études démographiques, ndlr) La perte d’espérance de vie pour 2020 (…) est inférieure à celle de 2015. Nous ne sommes pas face à un drame absolument insupportable”, a-t-il soutenu ajoutant que “dans les pays européens, plus de 90% (des morts, ndlr) avaient plus de 60 ans. À la fin de l’année, la perte d’espérance de vie sera extrêmement mineure”.

Le débat sur l’hydroxychloroquine : “une folie mondiale”

Interrogé sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine, le professeur Raoult s’est dit “extraordinairement surpris de l’ampleur” qu’a pris le débat, évoquant “une folie mondiale”. “Ce qui s’est passé dans cette situation est absolument inouï pour moi, et pas que pour moi, pour toute l’épistémologie (…) Qu’un des deux médicaments les plus prescrits au monde ait pu être considéré comme un truc tuant 10% des gens, est quelque chose qui montre qu’il y avait une déconnexion” avec cette molécule, selon l’infectiologue qui défend toujours ce traitement, indiquant d’ailleurs avoir “constaté une baisse de 50% de la mortalité chez les gens en Ehpad que nous avons traité” avant que ce ne soit interdit. 

Le professeur Raoult a assuré par ailleurs avoir “téléphoné rapidement au ministère pour parler des médicaments (…) qui marchent”, au début de l’épidémie, quand celle-ci touchait principalement la Chine. “On a lu ce qu’avaient fait les seuls sachants, c’est-à-dire les Chinois”, a expliqué le professeur. “J’ai téléphoné tout de suite au ministère pour dire : ‘voilà les médicaments qui marchent sur le SARS 1, pourquoi on ne regarde pas ?'”, a-t-il rapporté.

“Le masque diminue les risques d’infection”

Concernant l’efficacité du port du masque, l’infectiologue a expliqué que “ce n’est pas une vérité scientifique brutale”. “Le masque diminue les risques d’infection” dans une situation de proximité dans un lieu clos, “mais on ne peut pas prouver son efficacité ailleurs”, a-t-il assuré. Mais “si porter un masque permet de conserver une distanciation sociale, d’éviter qu’on se fasse la bise, on peut penser que c’est raisonnable”, a-t-il continué, rappelant que “le plus important, c’est le lavage des mains”. Si le port du masque “permet de changer les comportements pendant cette période, je crois que c’est intelligent”, a-t-il conclu. 

Son audition complète à retrouver ci-dessous.

Source sur l’indépendant

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